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Importation de véhicules neufs : le GCA adresse une lettre au ministre de l’Industrie

Après avoir interpellé le Président de la République et saisi le Médiateur de la République en janvier dernier au sujet du cahier des charges régissant l’activité d’importation de véhicules neufs, le Groupement des concessionnaires automobiles (GCA) a adressé le 11 février un courrier au ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar.

Il faut rappeler que le Président Tebboune avait ordonné, début décembre 2021 lors d’une réunion du Conseil des ministres, la révision immédiate du cahier des charges fixant les conditions d’importation des véhicules neufs et il a appelé à accélérer l’annonce des concessionnaires automobiles agréés.

Le texte devait être publié fin janvier comme annoncé par le ministre de l’Industrie, mais il n’a pas encore été publié. Dans la lettre adressée le mois dernier au chef de l’Etat, le GCA avait indiqué que les concessionnaires avaient essuyé des pertes totales qui dépassaient 1000 milliards de centimes.

Jeudi dernier, le ministre a indiqué, en réponse à une question d’un député à l’Assemblée populaire nationale (APN) sur le dossier de l’automobile, que les citoyens peuvent importer de nouvelles voitures avec leur propre argent à condition que les voitures soient neuves, révélant en même temps qu’aucun agrément n’a été accordé aux concessionnaires.

Quelques jours auparavant, M. Zeghdar a indiqué, sur les ondes de la radio nationale, que le cahier des charges pour l’importation des véhicules neufs était fin prêt et se trouvait au niveau du Secrétariat général du gouvernement, prévoyant sa publication prochainement.

Faisant savoir que des modifications ont été apportées au texte du cahier des charges, le ministre a fait état de 73 dossiers déposés par les opérateurs économiques désireux d’exercer l’importation de véhicules neufs qui sont étudiés par la commission intersectorielle ainsi que l’introduction de 46 recours.

Dans leur courrier publié vendredi et rapporté par plusieurs médias, les opérateurs adhérents du GCA ont exprimé leur surprise et consternation par les dernières déclarations d’Ahmed Zeghdar. Pour le GCA, ces déclarations laissent entendre que « l’importation de véhicules neufs ne sera de sitôt », et que les déclarations du ministre sont en « porte-à-faux » avec les instructions du président de la République de décembre dernier.

« Pourquoi retarder la libération des importations des voitures neuves ? Qui bénéficie de l’interdiction de laisser des véhicules entrer sur le marché national ? Et comment se fait-il que le traitement des dossiers et la commission de recours prennent autant de temps dans l’examen de 73 dossiers et 46 recours ? », s’est demandé le GCA., estimant qu’il est inconcevable qu’aucun dossier parmi les 73 déposés n’aie satisfait aux exigences du cahier de charges.

Le Groupement des concessionnaires a également exprimé au ministre de l’Industrie la colère de ses adhérents quant au retard pris pour la libération des autorisations d’importation de véhicules neufs. Une mesure « gelée depuis 2020 sans raison claire », a rappelé le GCA, qui a déploré que la commission technique interministérielle, chargée d’examiner les dossiers, ait dépassé le délai réglementaire « de 20 jours au maximum ».

En réponse à Ahmed Zeghdar, le GCA a estimé qu’il n’y a pas de véritable volonté du ministère de l’Industrie en vue de délivrer les agréments pour l’importation de véhicules neufs. En conséquence de quoi, le GCA et ses 80 adhérents ont décidé de geler leurs activités et de remercier leurs salariés, en sus de geler le paiement des impôts, taxes et l’IRG (Impôt sur le revenu global). Et de préciser que chaque concessionnaire dépense plus de 5 millions de dinars par mois, pour le paiement de la location du foncier, les salaires et l’acquittement des différentes taxes et impôts.

Concernent l’annonce du ministre de l’Industrie selon laquelle le citoyen peut importer un véhicule neuf avec son propore argent, le GCA a indiqué que l’acquéreur potentiel ne manquera pas de se heurter à une multitude d’écueils bureaucratiques, et le recours inéluctable au marché noir de la devise au mépris des orientations du gouvernement relatives à la transparence des transactions financières.

Interpellant le ministre sur les raisons derrière les révisions successives du cahier des charges relatif à l’importation de véhicules neufs, le GCA a indiqué que les concessionnaires peuvent satisfaire aux dispositions de l’actuel cahier, en regrettant que les réserves soulevées n’ont aucune existence. « Un temps on invoque le terrain à vocation agricole, un autre les caméras de surveillance…Pour enfin faire revenir le dossier au point zéro et son remplacement par un autre cahier de charges », a écrit le GCA.

En ce qui concerne la relance de l’industrie automobile, le GCA a expliqué que « l’industrie automobile est un processus au souffle long » et « la fabrication de la première voiture algérienne ne se fera pas avant 2026 ». « Il ne faut pas induire en erreur la population : atteindre un taux d’intégration de 40 % en un laps de temps court est impossible », a estimé le GCA qui redoute la reproduction de la première expérience dans ce domaine et qui était un échec.

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