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Relations algéro-françaises : le retour à la normale conditionné à un traitement d’«égal à égal »

Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a posé des conditions pour un retour à la normale des relations algéro-françaises.

Lors de son entrevue périodique avec les représentants de médias nationaux, diffusée vendredi soir, le Président Tebboune a indiqué que le retour à la normale des relations algéro-françaises ne se fera que sur la base d’un traitement d' »égal à égal ».

« Le retour à la normale des relations algéro-françaises est inéluctable, mais à des conditions. L’autre partie doit comprendre que le traitement d’égal à égal n’est nullement une provocation, mais plutôt un garant de la souveraineté d’un pays, arrachée au prix de 5.630.000 de martyrs tombés au champs d’honneur entre 1830 et 1962 », a-t-il déclaré.

« Les relations entre les deux pays doivent désormais obéir à un traitement d’égal à égal…L’Algérie ne tolérera aucun diktat », a affirmé le Président Tebboune qui a souligné que « l’établissement de relations avec la France ne sera pas synonyme de placement sous sa tutelle ».

Pour rappel, les relations entre l’Algérie et la France se sont fortement dégradées depuis près de deux mois, pour plusieurs raisons, parmi lesquelles, les déclarations du président français, Emmanuel Macron, qui avait accusé « le système politico-militaire » algérien d’entretenir une « rente mémorielle » en servant à son peuple une « histoire officielle » qui « ne s’appuie pas sur des vérités ».

Le président français, dont les propos avaient été rapportés début octobre dernier par le journal Le Monde, s’était même interrogé sur l’existence de la « nation algérienne » avant la colonisation française, ce qui déclenché la colère d’Alger, qui rappelé son ambassadeur à Paris et interdit le survol de son territoire aux avions militaires français ralliant le Sahel.

Début novembre, dans une interview accordée à l’hebdomadaire allemand « Der Spiegel », le Président Tebboune, a déclaré qu’il ne fera pas « le premier pas » pour tenter d’apaiser les tensions provoquées par des propos critiques d’Emmanuel Macron sur la « nation » algérienne.

Quelques jours plus tard, le président français avait « regretté » « les polémiques et les malentendus » avec l’Algérie, et assuré avoir « le plus grand respect pour la nation algérienne » et « son histoire ». « Le président de la République regrette les polémiques et les malentendus engendrés par les propos rapportés » et « il est fortement attaché au développement de la relation » entre la France et l’Algérie, a précisé un conseiller Afrique et Moyen-Orient du président français, au cours d’un brief de presse consacré à la conférence sur la Libye organisée le 12 à Paris.

Selon le même conseiller, Emmanuel avait également invité le président Tebboune pour prendre part à cette conférence. Si les les déclarations du président français ont été saluées par Alger, le président Tebboune ne s’était pas rendu à Paris, pour participer à la conférence sur la Libye. S’était le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’Etranger, Ramtane Lamamra, qui l’a représenté à cet évènement.

Ramtane Lamamra avait indiqué que « les conditions ne sont pas réunies pour y participer personnellement à cette conférence, en dépit de son attachement (Président) au rôle actif de l’Algérie aux côtés des frères libyens ainsi qu’au règlement pacifique et démocratique souhaité de la question libyenne ».

Le 19 novembre, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’est exprimé, dans un entretien au journal Le Monde, sur la crise entre l’Algérie et la France. « Nous avons des liens ancrés dans l’histoire. Nous voulons que le partenariat franco-algérien soit ambitieux », a-t-il déclaré. « C’est logique, quand on connaît notre histoire, qu’il y ait parfois des résurgences de blessures, mais il faut aller au-delà pour retrouver une relation de confiance », a-t-il dit.

« C’est ce que nous souhaitons, ce que souhaite le président de la République », a-t-il indiqué, en ajoutant qu’ »il y a parfois des malentendus, mais cela n’enlève rien à l’importance que nous attachons aux relations entre nos deux pays ». « Il faut conserver ce lien fait de respect des souverainetés et d’une volonté commune de dépasser les contentieux pour retrouver une relation apaisée », a soutenu Le Drian.

Quelques jours auparavant à l’Assemblée nationale française, Le Drian a fait savoir que « des efforts » ont été « engagés » afin de « rétablir les conditions d’une relation apaisée avec l’Algérie ».

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