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Lamamra : Il n’y a « aucun changement » dans les relations entre Alger et Rabat

Le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, a affirmé mercredi qu’il n’y a « aucun changement » dans les relations entre l’Algérie et le Maroc.

A une question sur la véracité des informations relayées sur une réouverture d’un poste frontalier entre les deux pays en vue de l’extradition, par le Maroc vers l’Algérie, de 12 personnes recherchées, dont 11 Algériens, poursuivies dans des affaires de trafic de drogue, M. Lamamra a déclaré qu’il n’y a « aucun changement » dans les relations entre Alger et Rabat.

« Franchement, je n’ai pas d’informations exactes à ce sujet et je doute qu’il y ait un aspect politique », a-t-il indiqué à la presse à l’occasion de la clôture de la Conférence des chefs de missions diplomatiques et consulaires algériennes au Palais des nations, à Club des Pins (Alger). « Si cette information s’avère juste aux plans humain et technique, cela n’a rien à voir avec les relations algéro-marocaines », a-t-il insisté. Il convient de rappeler que l’Algérie avait rompu ses relations avec le Maroc depuis le 24 août dernier.

Assassinat de trois Algériens par le Maroc

Ramtane Lamamra a réaffirmé que l’assassinat de trois ressortissants algériens par les autorités marocaines suite au bombardant de leurs camions sur l’axe routier Nouakchott-Ouargla est un « acte délibéré » de provocation contre l’Algérie. « Selon tous les facteurs disponibles, il s’agit d’un acte délibéré de provocation contre l’Algérie, au mépris du droit international », a indiqué le chef de la diplomatie algérienne.

« Il est clair que ces dernières semaines, il y a eu une volonté des autorités marocaines et de leurs alliés d’étendre le conflit militaire au-delà de la zone dans laquelle se produisaient les opérations militaires auparavant, autour et à l’intérieur du mur » de sable, soutient le ministre. Selon, M. Lamamra, cet acte « intervient dans le prolongement de l’extension de l’occupation militaire marocaine de la zone d’El-Guerguerrat, en violation des accords de cessez-le-feu entre les deux parties (Maroc et Front Polisario) ».

Si le SG de l’ONU et certains membres du Conseil de sécurité ont considéré les tentatives des Sahraouis de bloquer la brèche illégale d’El Guergarat comme obstruction du trafic commercial, en dépit du fait qu’elle soit située dans une zone tampon interdite à l’activité civile et militaire, ils doivent également appliquer cette doctrine sur les passages traversant les territoires sahraouis libérés vers la Mauritanie, dira-t-il en substance.

Le chef de la diplomatie algérienne déplore le fait qu’aujourd’hui, « dans cette fuite en avant de la part des autorités militaires marocaines, on utilise des armements sophistiqués pour verrouiller et bloquer d’autres passages entre la République islamique de Mauritanie et le territoire libéré du Sahara occidental ». « Il est clair que cette fuite en avant complique davantage la mission du nouvel envoyé personnel du SG de l’ONU et est plus ou moins encouragée par le côté marocain après l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution sur le renouvellement du mandat de la Minurso », assure M. Lamamra.

A cet égard, le ministre des Affaires étrangères a indiqué que la récente résolution du Conseil de sécurité « est ni équilibrée ni orientée vers l’action ni suffisamment correcte pour donner une chance à un processus de paix qui est mis à mal par la fuite en avant des autorités marocaines ». « L’Algérie assumera pleinement ses responsabilités dans la protection de ses ressortissants et de leurs biens dans cette région qui n’est pas sous souveraineté marocaine », a-t-il notamment souligné.

Israël à l’Union Africaine

Le chef de la diplomatie algérienne a condamné mercredi la campagne menée par le Maroc en faveur de l’octroi à Israël du statut d’observateur à l’Union africaine (UA). « Tous les pays arabes et africains membres de la Ligue arabe et de l’UA, de la Mauritanie jusqu’à l’Egypte, ont été contre l’octroi du statut d’observateur à Israël à l’exception du Royaume du Maroc qui a mené campagne en faveur de ce statut », a déploré le chef de la diplomatie algérienne en marge de la troisième et dernière journée de la Conférence des chefs des missions diplomatiques et consulaires, qui s’est tenue à Alger sous le thème « La diplomatie algérienne et les défis internationaux de l’Algérie nouvelle ».

Critiquant la décision du président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat d’accorder ce statut à Israël, le ministre a indiqué que ce dernier « n’avait pas le droit de mettre en péril l’unité de son organisation sur une question politiquement sensible sans le bénéfice de consultations préalables ». « C’est la mécanique institutionnelle qui est un facteur important, il s’agit d’Israël dont le comportement n’est pas conforme aux buts et principes de l’Union africaine », a-t-il soutenu.

Le ministre assure, en outre, que « même l’argument factice selon lequel un certain nombre de pays africains ont des relations diplomatiques avec Israël est faux ». A cet égard, il rappelle que parmi les critères d’acceptation du statut d’observateur, « il faut que le postulant ait un comportement compatible avec les buts et principes de l’acte constitutif de l’UA comme le droit à l’autodétermination, la non occupation de territoires par la force et l’obligation de régler pacifiquement les différends », relevant que l’entité sioniste « occupe les territoires palestiniens et syriens ».

Le chef de la diplomatie algérienne a salué l’attitude des pays africains comme l’Afrique du Sud, le Nigeria, la Tanzanie et la Namibie qui se sont tous opposés à l’octroi du statut d’observateur à Israël. « Lorsqu’on regarde les choses objectivement, on se réjouit qu’au sein de l’Union africaine il y est un tel niveau de maturité, une telle réceptivité au bon sens commun et politique qui fait que nous défendons notre organisation continentale parce que nous voulons qu’elle soit indépendante », a-t-il déclaré. M. Lamamra a invité ces pays à continuer « à faire tout ce qui est possible pour promouvoir les intérêts légitimes des peuples africains ».

« Les intérêts légitimes ne peuvent être promus de manière efficace que dans l’unité du continent », a-t-il signalé, notant que le reproche qui est fait à Moussa Faki est d’avoir perdu de vue le fait que l’intérêt suprême de l’organisation et son unité ont été mis à rude épreuve. S’agissant, par ailleurs, du prochain sommet des chefs d’Etat africains en février prochain qui devra revenir sur la question de l’octroi du statut d’observateur à Israël, M. Lamamra dit compter « sur leur sagesse collective pour trouver la voie qui va permettre de protéger et préserver l’unité de notre continent et l’efficacité de notre organisation ».

Algérie Eco avec APS

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