L’Algérie effectuera son sixième recensement général (RGPH) en juin 2022

L'Algérie effectuera son sixième recensement général (RGPH) en juin 2022

L’Algérie effectuera un Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) en juin 2022, selon le ministre de la numérisation et des statistiques Hocine Cherhabil. La date précise du démarrage de l’opération sera fixée par décret exécutif qui sera promulgué dans le courant de l’année prochaine.

Ce recensement général, sera le sixième du genre depuis l’indépendance du pays en juillet 1962. Cette opération devait en réalité être effectuée dans le courant du second semestre 2020, mais elle fut reportée à cette date, en raison de la crise politique et de la pandémie de Covid-19 qui avait considérablement réduit la mobilité des personnes.

Très attendue par l’ensemble des décideurs algériens et, par tout ceux, que cette mine d’informations intéressent (ministères, universités, centres de recherche, journalistes, investisseurs etc.), ce sixième méga recensement est de nature â fournir des renseignements précieux aux détenteurs du pouvoir politique, mais aussi, aux acteurs économiques, sociaux et culturels en quête d’informations récentes et fiables pour affiner leurs analyses, évaluer les demandes sociales susceptible de motiver et éclairer leurs programmes d’action..

Le recensement général de la population et de l’habitat est en effet une opération d’une importance considérable, en ce sens qu’il permet d’actualiser et compléter des informations dépassées parce que trop anciennes, comme c’est actuellement le cas. Le dernier recensement effectué par l’Office National des Statistiques (ONS) remontant â avril 2008, soit 14 il ya 14 années, bon nombre des informations recueillies â cette date sont en effet dépassées et, dans certains cas, carrément faussées par des événements importants qui ont surgis durant cette longue période.

Les informations d’une importance capitale que va recueillir ce sixième recensement, comme, par exemples, la population totale, sa répartition spatiale par sexes, par âges, par emplois, par niveau d’instruction, la croissance démographique, l’espérance de vie etc.) et l’habitat (consistance du parc national de logements, le nombre d’occupants par logement, l’âge et le degré de vétusté des logements, leurs répartitions spatiales, le nombre de propriétaires, l’habitat informel etc.) pourront servir d’éclairages aux actions politiques et sociales que les gouvernants pourraient entreprendre à l’avenir.

Le prochain recensement innovera dans sa manière de procéder, en incorporant de manière forte l’outil informatique, précise le ministre de la numérisation et des statistiques, qui évoque l’usage de tablettes numériques préalablement programmées, à l’effet de récolter et traiter instantanément les informations ciblées par le recensement. Le recours â ces tablettes (57.000 unités seront acquises) au lieu et place des formulaires traditionnels, est sensé assurer une plus grande rapidité du traitement des informations collectées, ainsi qu’une meilleure fiabilité des résultats.

La durée de l’opération de recensement ne devrait pas excéder un mois, précise une source proche de l’ONS et les premiers résultats relatifs à la démographie et à l’habitat publiés à peine six mois après grâce à l’outil informatique, précise une source proche de l’Office National des Statistiques.

Les cinq derniers recensement

1. Année 1966

Pour sa première expérience en matière de recensement, l’Algérie indépendante a crée et organisée des structures propres à assurer les multiples tâches nécessaires à la réalisation de cette opération.

La loi N° 64-91 du 4 mars 1964 porte création d’un comité national de recensement et d’un poste de Commissaire National au Recensement dont les tâches furent précisées par le décret n°64-120 du 14 avril 1964, portant attribution du Commissaire National au Recensement. Ce décret prévoit également les structures nécessaires pour l’accomplissement des tâches du Commissaire National. A ce propos, il y a lieu de noter que ce dernier est assisté d’un Secrétariat Général, d’un bureau chargé de la gestion financière et d’un bureau technique. Celui-ci a pour fonction la préparation, l’organisation, l’exécution et le contrôle de toutes les opérations techniques relatives au recensement de la population. Enfin, l’ordonnance n°65-297 du 2 décembre 1965 autorise le recensement de la population proprement dit, en fixant la période et les modalités d’exécution pour l’ensemble du territoire algérien.

2. Année 1977

Les multiples transformations des structures socio-économiques et le choix d’un développement économique planifié ont nécessité un second recensement. L’ordonnance n° 75-15 du 27 février 1975 portant création d’un Comité National au recensement a chargé ce dernier de définir les grandes lignes de cette opération, et de décider des mesures à prendre afin d’en assurer le succès.

3. Année 1987

L’Algérie avait déjà réalisé deux recensements en 1966 et 1977, dont les résultats ont été d’une utilité certaine, mais la nécessité de données statistiques fiables et récentes s’est fait ressentir durant la décennie 1977/1987. A la suite de la réorganisation territoriale, un troisième recensement s’est imposé. Un Office National des Statistiques a été crée en 1982 conformément au Décret n° 85-311 du 17 décembre 1985 modifiant et complétant le décret n° 82-489 du 18 décembre 1982 portant création de L’Office National Des Statistiques. qui avait pour mission de produire les informations statistiques relatives aux différents secteurs de la vie économique et sociale du pays. Le recensement de la population et de l’habitat faisait donc partie de ses prérogatives. Le fondement juridique du recensement général de la population et de l’habitat de 1987 reposait sur la loi n°86-09du 29 juillet 1986 qui précise l’organigramme général du recensement et le décret n°86-240 du 16 septembre 1986 portant création d’un comité national pour le recensement de la population et de l’habitat de 1986.

4. Année 1998

L’Algérie a réalisé son quatrième recensement de la population et de l’habitat en juin 1998. Ce dernier intervient du fait des multiples transformations structurelles opérées dans les différentes activités économiques et sociales du pays. Le décret exécutif n°96-248 du 16 juillet 1996 portant création d’un comité national pour le recensement général de la population et de l’habitat et enfin, le décret exécutif n°98-169 du 20 mai 1998 portant exécution du recensement général de la population et de l’habitat de 1998 Le recensement général de la population et de l’habitat de 1998 a permis d’avoir une connaissance des conditions sociales d’existence de la population et les effets engendrés par les politiques de développement, de la répartition spatiale de la population et de ses caractéristiques, des niveaux de scolarisation et d’analphabétisme de la population, des flux migratoires, du parc de logement et de ses caractéristiques ainsi que le niveau et la structure de l’emploi et du chômage. Le recensement général de la population et de l’habitat de 1998 a permis d’aider à la prise de décision tant au plan national qu’au plan local et permet de constituer une base de sondage à jour pour toutes les opérations statistiques futures.

5. Année 2008

Cette opération “d’intérêt national”, dont les préparatifs ont été engagés depuis septembre 2006, visait à “déterminer la population résidente et recueillir les caractéristiques démographiques et socioéconomiques de la population” selon les termes du ministère de l’intérieur. Son objectif était également de recueillir “les caractéristiques et la consistance des constructions et des logements” ainsi que “les informations à même d’apprécier les conditions de vie de la population”, toujours selon ce même ministère.

Les résultats du recensement général “sont des données importantes pour l’État, les collectivités locales, les opérateurs économiques et toutes les institutions”, relève le ministère, soulignant que ces données sont aussi des indicateurs en matière d’analyse et de planification d’actions dans plusieurs domaines.

Parmi ces domaines d’investigation on citera pêle-mêle, l’emploi, le chômage, la structure démographique, les niveaux d’instruction et de formation, l’état du parc logements, ainsi que les autres besoins liés au transport, à l’alimentation en eau potable, à l’amélioration de l’environnement et du cadre de vie en général.

En outre, l’opération de recensement a concerné l’ensemble de la population se trouvant sur le territoire national, constituée notamment par la population sédentaire, les nomades vivant en zones éparses et la population résidant dans des établissements spécialisés.

L’opération a été effectuée par l’Office national des statistiques (ONS) en collaboration avec les collectivités locales, sous la supervision d’un Comité National, présidé par le ministre l’intérieur et des collectivités locales. Pas moins de 60.000 agents avaient été engagés pour la circonstance.