FMI et G20 s’attaquent au problème mondial des pénuries de produits

FMI et G20 s'attaquent au problème mondial des pénuries de produits

L’économie mondiale est confrontée depuis des mois à des engorgements sur les chaînes logistiques qui alimentent l’inflation et menacent la croissance, une problématique au coeur des réunions du FMI, de la Banque mondiale et des G20 et G7 Finances à Washington mercredi.

Les problèmes d’approvisionnement, provoqués par un surcroît de demande de transport logistique avec la reprise post-pandémie combinée à des pénuries de main d’œuvre, touchent de nombreux pays dans le monde et ont conduit le Fonds monétaire international à réviser à la baisse les prévisions de croissance des États-Unis, de la Chine, de l’Allemagne et du Royaume Uni. « Les goulets d’étranglements sur les matières premières, les semi-conducteurs et les difficultés de recrutement sur le marché du travail » vont peser sur la dynamique de croissance « dans les mois et les années qui viennent », a estimé le ministre français des finances Bruno Le Maire, soulignant que ce sujet était une des préoccupations majeures des réunions cette semaine dans la capitale américaine. « La réponse tient en un seul mot: l’indépendance », a-t-il ajouté, en référence à la dépendance actuelle des industries occidentales vis-à-vis de l’Asie.

Avec les prix de l’énergie, cette question sera au cœur des réunions du G7 et du G20, a-t-il souligné.

Le Chancelier de l’Echiquier britannique Rishi Sunak doit appeler le G7 Finance, qui se réunit mercredi à Washington et dont il tient la présidence jusqu’à la fin de l’année, à une action mondiale face à cette crise.

Alors que son pays est particulièrement affecté par ces dysfonctionnements par ailleurs aggravés par le Brexit, M. Sunak va plaider pour une meilleure « coordination » pour rendre les chaînes d’approvisionnement « plus résilientes ». « Nos estimations suggèrent que 8,5% du transport mondial de conteneurs est bloqué dans ou autour des ports, c’est le double de janvier », a indiqué David Malpass, le président de la Banque mondiale. Ces perturbations font grimper le coût des marchandises ainsi que les frais d’expédition et, pour lui, certaine de ces hausses « ne seront pas transitoires », a-t-il estimé.

De leurs côtés, les États-Unis ont décidé de prendre des mesures concrètes pour réduire l’engorgement dans leurs ports.

Le port de Los Angeles et le syndicat américain des dockers ont ainsi accepté de travailler encore plus la nuit et les week-ends pour réduire les files d’attente qui freinent la livraison de nombreux produits, ont indiqué mercredi des représentants de la Maison-Blanche.

Plusieurs autres entreprises, dont Walmart, FedEx et UPS, se sont aussi engagées à rester davantage en activité la nuit pour accélérer l’acheminement de leurs conteneurs hors des ports. 

Le président américain Joe Biden doit discuter en personne de ces nouvelles initiatives avec des responsables de ces organisations lors d’une table ronde virtuelle.

De nombreux produits se font rares dans les magasins aux États-Unis, des vélos aux balles de tennis en passant par les téléphones portables.

Les causes du problème sont multiples. La production de nombre d’entreprises exploitant des matières premières ou fabriquant des biens est régulièrement perturbée par des pics de contaminations depuis le début de la pandémie de Covid-19. 

Les consommateurs ont parallèlement commandé en masse des produits pour se divertir ou aménager la maison, faute de pouvoir aller au restaurant ou au cinéma. Après avoir anticipé une chute de la demande au début de la pandémie, l’industrie court après depuis le printemps 2020.

De nombreuses entreprises peinent à recruter pour des postes essentiels dans la chaîne d’approvisionnement, des manutentionnaires aux chauffeurs-routiers.

Grand sujet d’inquiétude pour les gouvernements, le fait que ces perturbations alimentent les prix notamment ceux de l’énergie.

En septembre, les prix aux États-Unis ont grimpé de 5,4% comparés à septembre 2020, a annoncé le département du Travail. « De nombreuses pressions sur les prix sont transitoires », a toutefois estimé Vitor Gaspar, directeur du département des finances publiques du FMI, au cours d’une conférence mercredi.

Et alors que les prix de l’énergie pèsent de plus en plus sur les ménages, le Fonds a demandé aux gouvernements de se garder de recourir aux subventions généralisées qui sont très coûteuses et profitent aux ménages riches.

De plus, « pour l’environnement, ils conduisent en fait à des incitations très négatives » en soutenant la consommation d’énergies polluantes, a souligné Paulo Medas, un des responsables du FMI.

Afp