Rahabi dénonce « l’instrumentation judiciaire des secrets d’État » par Saïd Bouteflika

Rahabi dénonce

L’ancien ministre et ex-diplomate Abdelaziz Rahabi, a répondu aux déclarations faites par Said Bouteflika, frère et conseiller de l’ancien président déchu, dénonçant « l’instrumentalisation judiciaire des secrets d’État » par Saïd Bouteflika qui a été également condamné à 2 ans de prison ferme et une amende de 100.000 DA. 

L’ancien conseiller et président de fait depuis 2009 déclare devant le tribunal détenir  »des secrets de nature à ébranler l’État », a rappelé l’ancien diplomate.

Pour Abdelaziz Rahabi, il s’agit là « d’une autre phase dans la déliquescence de l’Etat entamée en 1999 », rappelant que « les secrets sont la propriété exclusive de l’État ».

L’ancien diplomate a également souligné que « les porteurs de ces secrets sont soumis à de strictes règles de protection d’informations acquises au moment de l’exercice de fonctions étatiques quel qu’en soit le niveau, ou par le fait même de leur implication dans le processus de prise de décision stratégique ».

« Je n’ai pas cessé de le dénoncer depuis 2008 quand j’ai observé la confiscation progressive du pouvoir en Algérie par des aventuriers dénués de tout sens de l’État », a indiqué Abdelaziz Rahabi.

M. Rahabi regrette « de voir la persistance en toute impunité d’un véritable souk informel aux informations sensibles instrumentalisées selon le cas comme une arme de chantage, un outil privilégié dans les luttes de clans, une monnaie d’échange ou encore un gage de fidélité et une offre de service dans l’intelligence avec des puissances étrangères ».

Les secrets officiels sont par nature destinés à servir l’Algérie et à le protéger, non pas à l’ébranler dans ses fondements déjà fragilisés par la corruption généralisée et la mauvaise gouvernance, a expliqué l’ancien diplomate.

M. Rahabi estime que « l’Algérie doit se doter, à l’instar de tous les Etats organisés, d’une véritable loi de protection des secrets officiels, d’affaires, d’actes, documents et données car la divulgation d’informations sensibles peut constituer un risque pour la sécurité et la défense de notre pays ».