Etudiants algériens en France : 78% déclarent ne pas avoir l’intention de retourner en Algérie

Universités : 6000

Les résultats d’une enquête du Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread), auprès des étudiants algériens en France, font ressortir que « 78% des étudiants déclarent ne pas avoir l’intention de retourner en Algérie à la fin de leurs études », rapporte le journal Liberté dans son édition de ce samedi 28 août.

Selon la même source, 57% d’entre eux envisagent de s’installer en France, tandis que 21% se préparent à partir pour un autre pays. Seuls 22% envisagent de retourner en Algérie.

Cité par le même journal, le sociologue Mohamed Saïb Musette (Cread), spécialiste du fait migratoire, a noté que la migration estudiantine est une composante particulière des flux migratoires. « Le nombre d’Algériens étudiants à l’étranger est passé de 20 000 en 2014 à près de 30 000 en 2018 (ISU/Unesco, 2020), répartis dans plus de 40 pays, avec une concentration de 83% en France », a-t-il précisé. 

Selon le sociologue : « Une étude récente indique un fort désir de migrer de la part des diplômés de l’enseignement supérieur. Un diplômé algérien sur deux affiche son intention de quitter l’Algérie ». Selon lui, ceux qui veulent partir sont principalement des diplômés des filières scientifiques et techniques qui ont déjà trouvé un emploi.

Le phénomène de la Harga prend de l’ampleur

S’agissant de l’immigration clandestine, une étude menée par le sociologue Mohamed Saïb Musette démontre que le phénomène de la Harga a pris une tendance croissante, particulièrement, depuis la fermeture des frontières en raison de la pandémie de la Covid-19.

Pour mener son étude, le spécialiste du fait migratoire s’est appuyé sur une revue documentaire menée sur 20 ans de réflexion et d’enquête sur les mouvements migratoires en Algérie et dans la région du Maghreb. Ainsi, selon le quotidien Liberté, Mohamed Saïb Musette a relevé un nombre record « de traversées » entre l’Algérie et l’Espagne. Le spécialiste a observé trois pics dans la dynamique migratoire entre janvier 2020 et juin 2021. Le premier est en septembre 2020, et les deux autres en 2021.

Selon le journal Liberté : « Les données compilées de Frontex indiquent près de 13 000 tentatives déjouées par les gardes-côtes des pays de la rive nord, la plupart durant le deuxième semestre. Cette année, de janvier à juin, le volume de tentatives a augmenté de 37% par rapport à la même période en 2020. Pour leur part, les gardes-côtes algériens affirment avoir intercepté 8 184 harraga algériens et démantelé 190 réseaux de passeurs en 2020. Au total, en 2020, plus de 20 000 tentatives de migration illégale par voie maritime ont été avortées. » « On ne connaît pas le nombre de harraga qui ont pu arriver sains et saufs, ni encore le nombre réel de morts ou de disparus durant la traversée de la Méditerranée », a indiqué Mohamed Saïb Musette.

Se basant sur des données algériennes fournies par le ministère des Affaires étrangères (2018), le sociologue fait état de 2,3 millions de ressortissants algériens enregistrés auprès des consulats à l’étranger, soit un taux de 0,7% de la population algérienne en 2019. Une forte concentration est observée en Europe avec 87%, majoritairement en France. Les autres destinations sont principalement les pays arabes du Golfe ou encore d’Amérique du Nord, selon les données des Nations unies (Undesa, 2019). 

Selon Mohamed Saïb Musette : « Les migrants algériens en situation irrégulière à l’étranger sont davantage identifiés en Europe. Les données de l’Eurostat font mention d’une moyenne annuelle de 18 600 Algériens en résidence illégale dans les pays de l’UE durant les dix dernières années (2008-2017), avec près de 25 000 en 2017 ».