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Armée, diplomatie, nouveau Gouvernement, Maroc… les déclarations du président Tebboune

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a accordé une entrevue périodique aux représentants de la presse nationale, qui a été diffusée dimanche soir à la Télévision publique. Lors de cette sortie médiatique, le chef de l’Etat s’est exprimé sur plusieurs sujets notamment l’armée, la diplomatie algérienne, le Maroc…

Lors de cette entrevue, le président de la République a évoqué les tentatives d’atteinte orchestrées contre l’ANP par certaines parties qui visent à « déposséder les Algériens de la protection », animées en cela par le fait que l’Armée est la « protectrice de la cohésion nationale ».

« L’ANP est l’épine dorsale de l’Etat algérien » a-t-il soutenu, ajoutant « ceci n’est pas nouveau mais remonte à l’histoire révolutionnaire du pays, c’est pourquoi elle est la digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN) ». Elle est, poursuit-il, le « garant constitutionnel » de l’unité et la souveraineté du pays conformément à la déclaration du premier novembre.

Les parties derrières ces tentatives « ne saisissent pas la nature de l’ANP, une armée populaire dans tous les sens du terme », a ajouté le Président Tebboune. « Notre armée n’est pas une armée de familles comme c’est le cas dans certains pays. En sus de représenter  l’ensemble des régions de la patrie et toutes les catégories du peuple, c’est une armée hautement qualifiée qui s’est adaptée à la situation et consent des sacrifices pour protéger le pays », a soutenu le Chef de l’Etat.

Il a également réfuté l’idée à laquelle certains s’attachent et propagent selon laquelle des officiers supérieurs se sont emparés des postes, précisant que ces officiers « assurent l’encadrement au sein de l’ANP ».

Evoquant les slogans hostiles à l’institution militaire, le Président de la République a affirmé que « derrière ces slogans se cachent des personnes qui ont été désavouées par l’ANP lorsqu’elles voulaient prendre le pouvoir par la force ».

Il a fait observer, à cet égard, que les mêmes slogans des années 1990 qui sont réapparus récemment et sont les mêmes qui ont été adoptés par d’autres mouvements putschistes pour porter atteinte à l’unité nationale dans d’autres pays, y compris des pays arabes.

Ces slogans sont « creux », car « la majorité des Algériens restent cœur et âme avec l’Armée, tandis que la minorité restante ne représente que des parties qui n’ont pas trouvé ce qu’elles voulaient parce que l’ANP leur a fait barrage », a soutenu le Président Tebboune réaffirmant que le fait de viser l’ANP était « préméditée », car c’est « une Armée forte qui protège les frontières étendues de l’Algérie ».

Près de la moitié de la composition du Gouvernement issue des propositions des partis

Questionné sur la composition du nouveau Gouvernement, M. Tebboune a indiqué que « près de la moitié de la composition du Gouvernement est issue des propositions des partis politiques », estimant que cette composition était « équilibrée ».

« Nous avons choisi des membres parmi les propositions des partis. Je pense qu’il y a un équilibre dans la composition du Gouvernement actuel », a ajouté le Président Tebboune, formant le vœu de voir « des résultats concrets avant tout », car le changement, a-t-il- fait observer, « fait partie de la pratique politique et les postes ne sont pas permanents ».

A ce propos, le Président de la République a expliqué: « nous ne changeons pas juste pour changer, mais seulement en cas de nécessité avérée », relevant que « ce qui est positif dans la continuité est la reconduction de certains ministres qui avaient commencé à concrétiser des projets d’intérêt général ».

Affirmant n’avoir pas voulu « le départ de ministres pour que d’autres viennent repartir de zéro notamment pour les secteurs sensibles à l’instar de la santé et l’enseignement supérieur », le chef de l’Etat a indiqué que « le problème pour notre pays, depuis des générations, c’est que chaque responsable nouvellement nommé remet le compteur à zéro.

Concernant les ministres ayant gardé leurs portefeuilles, M. Tebboune a fait savoir que leur « rythme de travail était acceptable », affirmant avoir relevé qu’ils étaient en mesure de gérer leurs secteurs contrairement à ceux qui ont été remplacés.

Interrogé sur la raison pour laquelle le Premier ministre a gardé le portefeuille des Finances, M. Tebboune a expliqué que M. Aïmene Benabderrahmane qui a gravi les échelons avait une grande connaissance des dossiers financiers du pays d’autant plus qu’il avait assumé des fonctions supérieures dans le secteur des finances dont Gouverneur de la Banque d’Algérie.

Convocation de l’ambassadeur d’Algérie à Rabat : toujours pas de réaction de la part du Maroc

Interrogé sur la position de l’Algérie vis-à-vis de « la main tendue » du roi Mohamed VI envers l’Algérie, lui qui plaidait pour l’ouverture des frontières, lors de son discours du trône, le président de la République a indiqué que que le Maroc n’avait toujours pas réagi suite au problème survenu, après la convocation par l’Algérie de son ambassadeur à Rabat pour consultation au sujet des déclarations du représentant marocain auprès des Nations Unies.

« Un diplomate marocain a fait des déclarations graves, suite à quoi nous avons convoqué notre ambassadeur à Rabat pour consultation, et avons avisé d’aller plus loin, mais aucune réaction n’a émané du Maroc », a-t-il précisé, selon le compte-rendu de l’agence officielle APS.

Quant à la cause sahraouie, le chef de l’Etat a rappelé qu’elle était entre les mains des Nations Unies, dans le comité de décolonisation, affichant la disposition de l’Algérie à abriter toute éventuelle rencontre entre la République sahraouie et le Maroc et à mettre à leur disposition tous les moyens nécessaires. En sa qualité de membre observateur, l’Algérie n’aura à dicter aux Sahraouis aucune décision, a-t-il souligné.

La diplomatie algérienne a recouvré « sa véritable place »

S’agissant de la diplomatie algérienne, le président de la République a indiqué qu’elle avait retrouvé sa place naturelle, et qu’elle « a fait entendre sa voix à l’Assemblée générale des Nations Unies », rappelant à ce propos qu' »en 1994, les études stratégiques des Etats-Unis concluaient que le continent africain possédait trois pays pivots et influents, à savoir l’Algérie, l’Afrique du Sud et le Nigéria, pionniers et acteurs au niveau de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) à l’époque ».

« L’Algérie a aujourd’hui retrouvé sa véritable place », a-t-il ajouté, précisant que lors de sa visite à Addis-Abeba, tous les présidents et les amis ont souhaité que l’Algérie retrouve son rôle de leader dans la région. « J’ai été surpris par cela, même si certains Algériens ne croient pas au pouvoir d’influence de l’Algérie, les étrangers reconnaissent son influence », a-t-il soutenu. Et de souligner que l’Algérie est revenue pour prendre en charge les vrais dossiers, notamment le dossier libyen, celui du Sahara occidental, le dossier palestinien et celui de l’Union africaine (UA).

Evoquant le le dossier du barrage éthiopien de la Renaissance, le président Tebboune s’est dit « optimiste » quant au succès de l’initiative algérienne pour le règlement pacifique de ce dossier. « L’initiative est purement algérienne et non dictée », a-t-il assuré, en appelant les pays concernés à « faire preuve de sagesse et de logique en vue de trouver une solution pacifique à la crise ».

Aussi, a-t-il exhorté ces pays à « interagir » avec l’initiative algérienne, avant d’appeler à la tenue d’une rencontre directe entre l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie pour parvenir à une solution à leurs différends sur ce dossier. « L’initiative algérienne est intervenue après que la crise du barrage de la Renaissance ait atteint un point d’impasse où le Conseil de sécurité de l’ONU a refusé de l’adopter étant une crise régionale d’une part et l’échec de l’Union africaine (UA) à satisfaire les parties en conflit d’autre part ».

Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra a effectué récemment une tournée régionale, englobant la Tunisie, l’Ethiopie et le Soudan, au cours de laquelle il a examiné l’ensemble des développements dans la région et effectué des concertations sur les préoccupations et soucis arabes et africains et les préparatifs d’importantes échéances, à savoir la tenue du prochain sommet arabe en Algérie.

L’Algérie en mesure de défendre sa sécurité quelles que soient les circonstances

Au sujet de l’annonce de la France concernant son retrait imminent de la région du Sahel et si cette décision constituera un autre fardeau pour l’Algérie en général et particulièrement pour l’Armée nationale populaire (ANP), le Président de la République a déclaré que « la France a sa propre politique et l’Algérie a la sienne. Elle est en mesure de défendre sa sécurité quelles que soient les circonstances ».

Il a expliqué que la décision de la France de se retirer de la région du Sahel était une « affaire interne », ajoutant que l’Algérie avait des engagements vis-à-vis de tous les pays européens ainsi que les pays frères et amis concernant la lutte contre le terrorisme et qu’elle est en contact avec la France concernant cette question.

« L’Algérie et les frères maliens sont convaincus que la solution émanera tout d’abord de l’accord de paix et de réconciliation issu du processus d’Alger qui est à l’origine de l’apaisement de la situation et grâce auquel le Nord et le sud vivent dans un seul Etat uni », soutient le chef de l’Etat.

Interrogé sur la Tunisie, il dira que les récents développement étaient une affaire interne et que ce pays était en mesure de résoudre ses problèmes seul et sans pression étrangère.

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