Université : 6000 « docteurs-chômeurs » sortent chaque année

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La problématique du recrutement des milliers de doctorants qui sortent chaque année des universités algériennes a été évoquée ce mercredi 23 juin par le Directeur général des enseignements et de la formation supérieure au ministère de l’Enseignement supérieur, Boualem Saidani.

Intervenant dans l’émission « Invité de la Rédaction » de la radio chaîne 3, M. Saidani a fait état de 7500 doctorants qui sortent chaque année des universités algériennes. Si 1500 d’entre-eux sont recrutés dans l’enseignement supérieur, les 6000 autres deviennent des « docteurs-chômeurs », terme utilisé par ce responsable au niveau du ministère de tutelle.

« Nous avons des capacités extraordinaires dans l’encadrement des doctorants. Chaque année, on met sur le marché du travail plus de 7500 docteurs. Malheureusement, au niveau de l’enseignement supérieur, nous ne pouvons absorber qu’environ 1500 docteurs. Les 6000 autres, ils sont sur le marché du travail et il n’y a pas de preneurs », a indiqué M. Saidani, en soulignant qu' »à travers le monde, nous avons constaté que 80% des docteurs vont vers le secteurs socio-économiques et il n’y a que 20% qui restent dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ».

« Pourquoi ne pas faire la même chose chez-nous ? Copier intelligemment et adapter à notre situation? », s’est-il interrogé, en faisant savoir que « c’est pour ça que nous avons pensé dans cette nouvelle loi d’orientation au statut du doctorant, qui n’existe pas, le doctorat en entreprise qui n’existe pas ». « Nous sommes en train de travailler pour mettre ça en place et, nous avons identifié plus de 48 secteurs là où on pourrait procéder à l’insertion professionnels des titulaires de doctorat ». Parmi ces secteurs, le même responsable à cité : les collectivités locales, le secteur de l’hydraulique, des hydrocarbures.

« Vous imaginez, par exemple, un wali qui n’a pas un conseiller qui est docteur en sciences économiques qui va l’éclairer sur les questions économiques. Il n’y a pas un doctorant en sciences juridiques qui va le conseiller sur les affaires juridiques. Il n’y a pas un doctorant en sciences sociales qui va le conseiller sur les affaires sociales », a-t-il expliqué, en estimant qu' »il y a beaucoup d’opportunités d’embauches des docteurs au niveau des différents secteurs socio-économiques, comme ça se fait partout dans le monde ».

Vers le recrutement des doctorants dans les secteurs socio-économiques et la fonction publique

Interrogé sur la rémunération de ces doctorants qui seront recrutés dans d’autres secteurs et qui risqueraient de se retrouver avec un bas salaire, M. Saidani a rappelé que même le secteur de l’enseignement supérieur relève aussi de la fonction publique. « Maintenant, il y a lieu de discuter avec nos partenaires sur la classification de ces titulaires de doctorats », a-t-il dit, en indiquant que c’est un dossier qui est ouvert, il est à un stade très avancé et que les conclusions sont « très prometteuses ».

« Ayant des capacités de formation très importantes des docteurs au niveau du secteur de l’enseignement supérieur, et c’est ça qui assure la dynamique de recherche au niveau de nos laboratoires, et c’est ça qui permet l’amélioration de la visibilité et de la lisibilité de nos établissements à l’échelle internationale, c’est ça qui permet d’améliorer la qualité de la formation même pédagogique de nos étudiants. Donc, la recherche est un élément fondamental, est une mission principale de notre université, et nous devons la soutenir encore davantage », a estimé M. Saidani.

Et d’ajouter : « Il est inconcevable d’arrêter ou de freiner la formation doctorale au niveau de nos universités, mais en parallèle, il ne faut qu’on occulte la difficulté d’insertion de ces docteurs dans le marché du travail. C’est pour cela qu’il fallait leur ouvrir d’autres horizons en ciblant plusieurs secteurs socio-économiques qui peuvent absorber ces docteurs-chômeurs. »

A ce propos, le même responsable a cité tout ce qui est fonction publique où il y a une panoplie de grades administratifs et techniques. « Nous sommes en discussions et en pourparlers avec les autorités compétentes en la matière, pour que le titulaire du diplôme de doctorat occuperait, au conditionnel, le grade le plus élevé au niveau de la hiérarchie administrative, comme par exemple, le grade d »’Administrateur-conseiller », quand il s’agit d’un docteur dans la filière des sciences humaines et sociales et sciences économiques, et quand il s’agit d’un docteur relevant dans le domaine de la science et de la technologie, ce sera l »’Ingénieur-conseiller » », a détaillé M. Saidani.

« Ces docteurs que nous avons formés et qui n’arrivent pas à trouver une place au niveau des secteurs socio-économiques c’est un drame. », a-t-il dit, en ajoutant : « On valorise la ressource humaine et on crée également une place importante, parallèlement à la fonction publique, au niveau du secteur économique pour ces docteurs ». « Nous sommes en train de travailler pour que le docteur ait un statut au niveau des entreprises publiques et privées », a-t-il précisé.