Droits de l’homme en Algérie : l’ONU « de plus en plus préoccupée »

112e vendredi du Hirak. Manifestation du 9 avril 2021 à Alger. (Crédit photo : Riad Kaced sur Twitter)

L’ONU est « de plus en plus préoccupée » par ja situation des droits de l’homme en Algérie, notamment depuis la reprise des manifestations populaires.

« Nous sommes de plus en plus préoccupés par la situation en Algérie où les droits à la liberté d’opinion et d’expression, de réunion pacifique et de participation aux affaires publiques continuent d’être menacés », a indiqué, ce mardi 11 mai 2021, un porte-parole du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme, (HCDH), Rupert Colville, lors d’un point presse à Genève.

« Depuis la reprise des manifestations dans les rues d’Algérie le 13 février 2021 – après un an de manifestations organisées en ligne par le mouvement Hirak en raison de la pandémie COVID-19 – nous avons également reçu des rapports soutenus faisant état d’une force inutile et disproportionnée contre des manifestants pacifiques. comme des arrestations continues », a indiqué le même responsable.

Il a rappelé qu’ « à quatre reprises en avril et mai, des marches étudiantes ont été empêchées. Les autorités ont continué de bloquer l’accès aux points de rencontre pour les manifestations; des centaines de manifestants ou toute personne présumée par les forces de sécurité être un manifestant sont arrêtés arbitrairement ».

« Les activistes du Hirak continuent d’être poursuivis sur la base de lois trop larges »

Le même responsable a indiqué que « certains manifestants auraient été arrêtés puis relâchés après avoir été contraints de signer un document promettant de cesser de participer aux manifestations ».

Le porte-parole du HCDH a affirmé qu’ « actuellement, environ 70 personnes seraient toujours détenues pour avoir exercé leurs droits humains légitimes », soulignant que « certains d’entre eux purgent de longues peines tandis que d’autres sont en détention provisoire. De nouvelles allégations de violences physiques et sexuelles en détention ont également fait surface ces derniers jours ».

Au cours des deux derniers mois, des militants, des défenseurs des droits humains, des étudiants, des journalistes, des blogueurs et des citoyens ordinaires exprimant pacifiquement leur dissidence ont continué de faire l’objet de poursuites pénales.

Le même responsable a indiqué que les militants du Hirak continuent d’être poursuivis sur la base de lois trop larges, même après l’annonce d’une grâce présidentielle en février de cette année.

Les Nations Unies exhortent « les autorités algériennes à cesser de recourir à la violence pour disperser des manifestations pacifiques et à mettre fin aux arrestations et détentions arbitraires d’individus pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’opinion, d’expression et de réunion pacifique ».

« Nous appelons également les autorités algériennes à s’acquitter de la grâce présidentielle accordée aux personnes participant au mouvement Hirak et à cesser toute forme de harcèlement et d’intimidation à leur encontre », a indiqué le même responsable.

« Nous réitérons notre appel aux autorités pour qu’elles mènent des enquêtes rapides, impartiales et efficaces sur toutes les allégations de violations des droits de l’homme, qu’elles rendent des comptes aux responsables et qu’elles garantissent aux victimes l’accès à réparation », a indiqué le porte-parole du HCDH.

L’ONU exhorte également les autorités « à revoir le Code pénal et d’autres lois répressives, notamment la loi 12-06 sur les associations et la loi 91-19 sur les réunions publiques et les manifestations, pour les mettre en conformité avec le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine. sur les droits de l’homme et des peuples, tous deux ratifiés par l’Algérie ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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