Diplomatie économique : Création d’un Bureau d’information et de promotion des investissements et des exportations

Diplomatie économique : Création d'un Bureau d'information et de promotion des investissements et des exportations

A l’effet de booster les exportations algériennes hors-hydrocarbures et d’attirer les investissements étrangers, un Bureau d’information et de promotion des investissements et des exportations a été créé au niveau du ministère des Affaires étrangères dans le cadre de la diplomatie économique, qui a été l’objet d’une rencontre samedi 27 mars 2021 à Sétif, à laquelle ont pris par une trentaine de diplomates algériens, les autorités locales de Sétif, la chambre de commerce et d’industrie El Hidhab et les opérateurs économiques notamment des exportateurs de la région.

Dans une allocution prononcée à cette occasion, Smail Benamara, ambassadeur conseiller au près du ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a indiqué que son département a pris certaines mesures pour renforcer la diplomatie économique afin de participer avec tous les acteurs concernés, dans l’application des décisions du président de la République pour relancer l’économie, particulièrement, l’investissement étranger et l’exportation.

Selon lui, parmi ces mesures, le renforcement du rôle de la direction de promotion et de soutien aux échanges économiques relevant du ministère des Affaires étrangères; la création d’un portail dédié à la diplomatie économique et de soutien aux opérateurs économiques sur le site web du MAE; création d’un réseau pour tous les chargés des affaires économiques et commerciales au niveaux des représentations diplomatiques à l’étranger qui peuvent être contactés par les opérateurs économiques par téléphone et adresse électronique; création du Bureau d’information et de promotion des investissements et des exportations au ministère des Affaires étrangères pour accueillir les opérateurs économiques.

Smail Benamara a indiqué que l’appareil diplomatique sera à l’écoute des opérateurs économiques pour participer à la relance de l’économie nationale. « Le ministère est déterminé à faire sa part, les opérateurs doivent faire leur part, les autres organisations du commerce, des finances, des douanes, la Banque d’Algérie aussi », a-t-il dit, en relevant que beaucoup de problèmes relatifs au fret (transport maritime, aérien et terrestre). « L’exportation, au-delà de l’acter d’exporter, c’est la création des richesses, la création d’emploi, c’est la technologie, la formation du personnel », a-t-il dit, en ajoutant qu’il y a des contraintes à lever pour l’exportation. « Il faut les lever pour que l’acte d’exporter ne soit pas un acte difficile, il faut que ça soit facilité et que toutes les autorités publiques puissent contribuer. Et le deuxième volet de notre action, ce n’est pas uniquement l’exportation mais c’est aussi d’attirer les investissements étrangers », a souligné Smail Benamara.

De son côté, l’ambassadeur Rabah Fassih a indiqué que la direction de promotion et de soutien aux échanges économiques au sein du MAE, dont il est chargé, est le lien entre le ministère des Affaires étrangères, les autres ministères et les autres institutions nationales concernés par la mission d’attirer les investissements étrangers et la promotion des exportations algériennes. Selon lui, le rôle de cette direction est aussi de coordonner avec les représentations diplomatiques algériennes à l’étranger concernant les affaires économiques.

Le rôle du Bureau d’information et de promotion des investissements et des exportations 

Le Bureau d’information et de promotion des investissements et des exportations relevant de la direction de la promotion et de soutien des échanges économiques est sous la direction de Rabah Fassih. Celui-ci a expliqué lors de son intervention le rôle et la mission dudit Bureau. « Le rôle de ce Bureau est l’accueil des opérateurs et particulièrement les exportateurs pour écouter leurs préoccupations, leurs demandes et leur fournir les informations dont ils ont besoin », a-t-il expliqué, en ajoutant que parmi les informations qui seront fournies aux opérateurs : les conditions et les modalités de pénétration des marchés extérieurs, le contrôle de qualité au niveau international, les droits de douanes, des barrières non tarifaires, des prix appliqués sur les marchés ciblés pour que le producteur ou l’exportateur prendre ses dispositions pour que son prix soit compétitif…

Selon Rabah Fassih, le Bureau a une autre mission qui consiste en l’organisation de formations spécifiques qui vont se renouveler chaque année jusqu’à ce que toutes les ambassades et consulats algériens à l’étranger soient pourvus de ces diplomates spécialisés en matière de commerce international. « Le Bureau participe par ailleurs à l’organisation de foires et d’expositions que se soit au niveau national ou à l’étranger », a-t-il dit, en ajoutant que si des opérateurs se présentent au Bureau et posent des questions qui ne relèvent pas du MAE, celui-ci les orientera vers les ministères, les institutions ou bien les ambassades étrangères concernés pour les aider à concrétiser leurs opérations. L’ambassadeur a indiqué que le Bureau d’information et de promotion des investissements et des exportations est à la dispositions des opérateurs qui peuvent le contacter à tout moment.

Création prochaine d’une société privée spécialisée dans le fret maritime 

Lors de cette rencontre, plusieurs opérateurs-exportateurs de la région de Sétif ont soulevé les préoccupations et les contraintes qu’ils rencontrent lors des opérations d’exportations. Parmi ces contraintes, la faiblesse du fret (maritime, aérien et terrestre), soulevé par un exportateur de produits rapidement périssables. 

A ce propos, l’ambassadeur conseiller, Smail Benamara, a relevé que le problème du transport des marchandises est « réel » et « difficile ». Le diplomate a appelé les opérateurs économiques algériens à trouver des solutions innovantes dans ce domaine et ne pas attendre uniquement la compagnie Air Algérie, qui a des difficultés, pour ouvrir de nouvelles lignes vers l’Afrique…

Smail Benamara a fait savoir qu’un investisseur va créer une société de fret aérien vers l’Afrique. « Il a créé une société, il a demandé des autorisations au ministère des transports, et il n’a même pas besoins d’acheter des avions, il va seulement les louer et il va transporter sa production à lui et pourra prendre la production d’autres opérateurs » a-t-il précisé en ajoutant qu’un autre opérateur va faire la même chose avec le fret maritime. Le diplomate a demandé aux opérateurs de s’organiser en consortiums pour exporter.

A propos de cette société privée de fret maritime, l’ambassadeur Rabah Fassih a précisé que l’opérateur s’était présenté il y a deux mois au ministère des Affaires étrangères pour les informer de son intention de créer de cette société sur la ligne Alger-Set-Nouakchott. « Je l’ai rencontré il y a trois ou quatre jours de cela au ministère du Commerce (…) Ce dernier le soutien pour que ce projet aboutisse le plus rapidement possible », a-t-il dit, en faisant savoir que l’opérateur en question « a déjà acquis un bateau du Canada et qu’il veut utiliser pour le transport de la marchandise sur la ligne Alger-Set-Nouakchott et il a l’intention de desservir les autres ports sur l’Afrique de l’Ouest ».

Retard du rapatriement des devises et l’absence de succursales des banques algériennes à l’étranger

Un autre opérateur économique a soulevé la problématique du retard du rapatriement des devises issues des opérations d’exportation et ainsi que l’absence de succursales des banques algériennes à l’étranger.

Soulignant à propos du rapatriement des devises que c’est un problème récurrent qui ne relève pas de son département, Smail Benamara a indiqué qu’il faut trouver le maillon faible de la chaîne et « si on veut avoir une stratégie d’exportation, il faut que tout le monde se mette en rang de bataille ». Il a rappelé que ce problème a été soulevé à maintes reprises. « Je pense qu’il fait que tous ensemble, on influe sur le processus décisionnel. Il faut qu’on aille dans le bon sens et qu’on explique pourquoi il y a toutes ces difficultés », a-t-il dit, en soulignant que la réglementation est « dépassée » et « obsolète ». « Il y a aussi le rôle de la Banque d’Algérie qui essaie de protéger les devises du pays et qui ne veut pas qu’il y est des fuites de devises, mais, on peut trouver des solutions », a-t-il estimé.

Au sujet de l’ouverture des  succursales bancaires à l’étranger, il a indiqué que le projet de la Banque extérieure d’Algérie (BEA) d’ouverture de succursales en France est très avancé, et le projet d’ouverture, pas de banques ou de succursales en Afrique, ils ont choisi une autre voie qui consiste à prendre partie du capital d’une banque africaine pour bénéficier de son réseau. 

 

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