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Soumia Salhi : « La réalité des femmes en Algérie est faite toujours de discrimination »

La militante des droits des femmes et ancienne présidente de la commission des femmes travailleuses de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Soumia Salhi, a indiqué aujourd’hui que « beaucoup de choses sont faites et beaucoup restent à faire » pour la condition féminine en Algérie.

Intervenant à la radio chaine 3, à l’occasion de la journée internationale de la femme, elle précise que « le chantier pour les égalités reste ouvert, ici et ailleurs, d’où les militantes réfléchissent, agissent et s’organisent pour des conditions meilleures, pour un environnement et un milieu, qu’il soit familial ou au travail, afin que la dignité de la femme soit respectée ».

« Toutes les Constitutions de l’Algérie indépendante consacrent l’égalité des droits de la femme mais la réalité des femmes est faite toujours de discrimination. une réalité qui souffre des conditions objectives pour asseoir ce principe d’égalité », regrette-elle.

Malgré le fait, ajoute-t-elle, qu’en Algérie des droits égaux sont reconnus aux femmes dans les textes législatifs en conformité avec l’article 32 de la Constitution, il y a lieu de noter que « l’exception notable des droits de la femme dans la famille qui consacre la pérennité de l’oppression contre la femme » reste de mise

« La famille demeure un espace privé difficile d’y pénétrer, que ce soit dans la problématique de la violence ou toute la problématique liée aux droits de la femme dans la famille », ajoute Mme Salhi.

Pour réaliser la conformité du réel aux textes, Mme Soumia Salhi suggère qu’au-delà d’une  certaine dialectique entre le texte et le mental, il faut changer la mentalité car l’un ne va pas sans l’autre.

« La promotion des droits de la femme a besoin de lois égalitaires justes et a aussi besoin d’action », souligne-t-elle insistant sur le rôle des médias et le secteur de l’éducation pour changer les mentalités. « Le rôle de l’éducation est aussi prépondérant dans l’apprentissage et la promotion de ces droits », poursuit-elle.

Si les femmes, s’étale-t-elle, devancent les hommes dans les carrières, sachant que nous sommes 65% à l’université, elles restent défavorisées face à l’emploi y compris le salaire et face à la promotion professionnelle et plus on s’élève dans la hiérarchie professionnelle moins les femmes sont nombreuses. Dans les instances dirigeantes, elles sont aussi faiblement représentées. Et de s’interroger : Pourquoi ? Et de répliquer par cette réalité : « les entreprises tout comme les syndicats ou les partis on applique ce qu’on appelle le plafond de verre pour cantonner les femmes au niveau intermédiaire », appelant à des mesures incitatifs et encourageants pour la promotion des droits des femmes », ajoutant que « celles-ci sont en grand nombre handicapées par les charges domestiques et manquent de garanties qui aident à l’emploi comme le transport scolaire, la cantine scolaire et les crèches. Dans ces conditions, regrette-t-elle « le choix est très vite fait : la femme choisit sa famille et ses enfants au détriment de sa carrière ».

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