Polémique sur la retraite des ex-membres du CNT

Polémique sur la retraite des ex-membres du CNT

La polémique enfle autour des salaires à vie des parlementaires qui ont siégé à l’ex-Conseil national de transition (CNT) de 1994 jusqu’aux législatives de 1997.

A l’origine de cette polémique, Abdelouahab Benzaim, sénateur FLN qui siège à l’actuel Conseil de la Nation. Il y a quelques jours, il a révélé comment les 192 membre de l’ex-CNT avaient voté une loi pour s’assurer un salaire à vie. Selon Benzaim, la loi votée par ces ex-parlementaires leur permettait de bénéficier d’une retraite estimée aujourd’hui à 400 000 dinars (40 millions de centimes). Parmi les ex-membres du CNT, le sénateur du FLN a cité Zoubida Assoul, Abdelkader Bengrina, Djamel Ould Abbes…

A la suite de ces révélations de Abdelouahab Benzaim sur les ex-membres du CNT, l’avocate et présidente du parti UCP, Zoubida Assoul a tenu à apporter des précisions. Tout en révélant le salaire exact que touchent les ex-parlementaires du CNT, l’avocate a indiqué que ce qu’a dit Benzaim est « archi-faux ».

« La retraite des membres du CNT tourne autour de 230 000-240 000 DA »

« La retraite des membres du CNT tourne autour de 230 000-240 000 DA (entre 23 et 24 millions de centimes, ndlr), aucun membre ne dépasse 260 000 DA (26 millions de centimes). Le montant de 400 000 DA est un gros mensonge », a-t-elle révélée dans une déclaration à TSA ce mardi 2 mars 2021, en précisant que « la retraite a commencé à prendre effet à partir de la fin du mandat (de l’ex-CNT), à partir de 1998 à 42 000 DA ».

« En 1994, on touchait autour de 50 000 DA/mois. Depuis que l’Assemblée existe, le parlementaire a un statut particulier qui n’est pas comme le reste des fonctionnaires de la fonction publique. Le travail parlementaire est particulier. On travaillait jusqu’à 5h du matin, ce qui fait qu’on ne travaillait pas avec des horaires comme les autres. Je peux vous dire par exemple qu’il m’est arrivé d’enchaîner des semaines successives de nuits blanches pour élaborer les textes de loi. Et essayer de légiférer dans l’intérêt du pays », a-t-elle expliqué. (…)

« Les retraites sont régies par la loi. Ce n’est pas le CNT ou Mme Assoul, de X ou Y qui ont décidé de quoi que ce soit », a-t-elle dit, en dénonçant les  » personnes de mauvaise foi ». « Quand quelqu’un a les cotisations que la loi exige et qu’il bénéficie d’une retraite dans le cadre de la loi, on ne va quand même pas la lui enlever ? », a-t-il dit en estimant : « C’est scandaleux de poser le problème de cette façon ».

Zoubida Assoul annonce une plainte de l’association des membres du CNT contre le sénateur Benzaim

« Avons-nous volé ? », s’est demandée l’ex-membre du CNT en enchaînant : « Quand on est sorti (du CNT) en 1997-1998, on avait une retraite de 42 000 DA. Quand les députés ont été augmentés, nous avons bénéficié de l’augmentation sur la base de notre salaire (retraite) de base de 42 000 DA. Cette retraite a été ensuite actualisée en fonction de la valeur du dinar, du pouvoir d’achat et des salaires de base des députés en fonction. Il n’y a rien d’illégal dans tout ça ».  Et d’ajouter : « Mettons-nous bien d’accord que cela n’a pas concerné uniquement les membres du CNT, mais aussi tous les députés de toutes les législatures parmi ceux qui remplissent les critères de la retraite ».

Tout en faisant savoir qu’elle détient des documents qui prouvent le contraire e ce que dit Abdelouhab Benzaim, Zoubida Assoul défie ce dernier de lui apporter des documents officiels prouvant que les ex-membres du CNT touchent 400 000 dinars par mois en 2021. L’avocate a dit qu’elle donne rendez-vous à Benzaim devant les tribunaux et que l’association des membres du CNT va déposer une plainte contre le sénateur.

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