Photovoltaïque en Algérie : Aucun appel d’offres lancé en 2019 et 2020

A l’occasion du 50e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé, hier mercredi, que la transition énergétique était « l’une de nos priorités majeurs pour consolider la sécurité énergétique de par les capacités avérées pour notre pays en matière d’énergies non conventionnelles, nouvelles et renouvelables ».

Le président Tebboune s’est dit « convaincu que les perspectives sont prometteuses dans ce domaine, partant du capital expérience et expertise en la matière et la mobilisation des cadres et des travailleuses et travailleurs du secteur pour concrétiser la stratégie visant à renouveler nos réserves pétrolières et gazières ».

C’est dans ce contexte que le Club ENERGIA a organisé, ce jeudi 25 février 2021, une rencontre en ligne sur le financement et de la « bancabilité » des projets dans les énergies renouvelables.

Malgré la volonté affichée des pouvoirs publics d’aller vers une nouvelle stratégie énergétique du pays, à travers la mise en œuvre d’un mix énergétique, qui passe par le développement des énergies renouvelables, la part des énergies fossiles dans la production de l’électricité reste très dominante.

Depuis le lancement de l’appel d’offres pour la réalisation, par la CREG et la société SKTM, d’une capacité de 200 MW à partir du photovoltaïque, aucun appel d’offres n’été lancé en 2019 et en 2020.

C’est ce qu’a expliqué M. Boukhalfa Yaici, président de Cluster Solar Energy, à l’occasion de cette rencontre.

Il a par ailleurs fait savoir qu’un appel d’offres sera lancé en juin 2021 pour la production de 1.000 MW, en espérant qu’il sera suivi par d’autres appels d’offres.

Il a également indiqué qu’un roadmap d’intégration national était en phase de préparation par le Cluster pour faire passer le taux d’intégration de 7% à 25% sur une période de 3 ans.

Financement et coûts de production 

De son côté, Thomas CHALUMEAU de la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, a indiqué que l’IFC a mis en place un programme intégré, notamment en Algérie, pour le développement de l’énergie solaire photovoltaïque.

Pour Karim Megherbi, fondateur et directeur général d’EPDA, L’Algérie a la chance d’avoir un système énergétique basé sur la flexibilité des ressources, en précisant que malgré quelques réussites et balbutiements des projets, on est en terrain vierge.

Concernant les projets de production d’électricité issue des énergies renouvelables, il recommande aux gouvernements et aux entreprises de fixer des objectifs de prix, en sécurisant le financement sans recours.

A ce propos, il a indiqué que la réglementation algérienne doit permettre le financement sans recours. M. Megherbi a par ailleurs rappelé que le coût du kilowattheure du solaire aux Émirats Arabe Unis était de 1,3 centimes de dollar.

Il recommande également de déterminer les capacités dans le temps, avec une visibilité à long terme, en mettant en place un plan annuel qui permet aux opérateurs de se préparer.

Il s’est dit confiant dans la capacité de l’Algérie à réaliser ses projets dans ce domaine. M. Chalumeau a par ailleurs affirmé que les difficultés des centrales de première génération, notamment le raccordement au réseau ou la stabilité, sont en train d’être réglées au Maghreb.

S’agissant du choix du type de photovoltaïque , il recommande la mise en place des parcs solaires et AO ouverts qui pourraient être très efficaces en Algérie, du fait d’un dynamisme entrepreneurial local, avec une connaissance des sites isolés.

Même si tous les experts s’accordent à dire que l’Algérie est plus un pays gazier que pétrolier, le pays reste cependant très dépendant des recettes générées par l’exportation des hydrocarbures qui représentent 60% des recettes du budget et 98% des recettes d’exportation.

Mme. Nora Guemar, de l’entreprise ENIE, a rappelé que l’énergie éolienne et solaire atteindront 56% de la production d’électricité dans le monde en 2050.