Deux ans après le déclenchement du Hirak : L’heure de vérité a sonné

Algérie : Une ONG internationale dénonce la « répression généralisée »

Après deux ans du déclenchement du hirak, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Du vide constitutionnel, et de l’errance politique, l’Algérie est passée, certes dans la douleur, à la reconfiguration du mode de gouvernance, à la révision de la constitution et de la loi électorale, et se trouve aujourd’hui à la veille de l’organisation des élections législatives et locales.

Deux années qui ont notamment révélé les positions et les ambitions de toutes les parties et tous les courants qui, pendant ce temps, se sont entrechoqués pour imposer leurs visions et leurs approches de sortie de crise. Cependant, il est à retenir qu’en fin de course, des revendications de la contestation populaire ont été satisfaites.

Les dernières viennent d’être appliquées ces derniers jours, à travers les décisions prises par le président de la république, de libérer les détenus d’opinion, de dissoudre le parlement, et d’organiser les élections. Pour les observateurs, ces dernières mesures, ne sont pas uniquement des gestes d’apaisement, ils cristallisent une volonté de rompre avec la période sombre de l’Algérie, et une détermination à opérer un changement. Cela étant, les dernières 48 h ont été chargées d’émotion et de soulagement pour une grande partie des algériens, cela n’a pas empêché les mercenaires d’outre mer de tirer sur les ambulances. En brandissant, en face d’un acte de libération salvateur, la médiocrité et la sournoiserie d’une faille de procédure.

C’est dans ces travers que résident les vraies raisons de la discorde. Car s’il y a divergence d’opinions et de vision, désormais, l’Algérie offre à ses enfants, un terrain autre que la rue, pour régler leurs différends.

Dans la mesure où, le renouvellement du parlement avec des conditions qui ne reposent plus sur les allégeances et le pouvoir de l’argent, le renouvellement des institutions centrales et locales par des élections législatives, confèrent à tous les citoyens, la possibilité de s’exprimer et de choisir leurs représentants.

Au même titre, que ces dispositions nouvelles permettront à tous les courants politiques, qu’ils soient jeunes, nouvellement crées, ou d’opposition, d’exprimer leurs positions, et de travailler à construire une crédibilité  à soumettre aux algériens pour approbation, ou pas. Pour ceux qui optent pour d’autres solutions, que celles proposées par le pouvoir en place, ils ont toute la latitude de porter leurs contestations sur le terrain politique.

Le pays n’est plus dans le refus du dialogue, et le déni de la différence. Le Hirak, a réussi la noble mission de hisser le peuple au rang d’acteur politique, ce n’est certainement pas pour le condamner à rester au stade de la contestation.

Le temps de l’accomplissement et de la récolte des fruits d’une révolution grandiose est arrivé. Celle-ci a enfanté un espoir que les ennemis de la nation voudraient éteindre, et plonger à nouveau le pays dans le chaos favorable à toutes les menaces, et à la déstabilisation tant espérée par les forces obscures. Toute la question serait de savoir, qui veut troquer ses acquis contre un aventurisme aveugle, et une destination inconnue ?

Colloque MDI