Attar : « L’Algérie a raté la transition énergétique si on voit la part de la production de l’énergie renouvelable »

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Le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, a estimé, ce mardi, que « l’Algérie a raté la transition énergétique si on voit la part de la production de l’énergie renouvelable« .

S’exprimant dans l’émission « Invité de la Rédaction » de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, M. Attar a expliqué : « Parmi les 23 400 mégawatts produits jusqu’à fin 2020 (capacités installées, ndlr), la part du renouvelable ne dépassant pas les 354 mégawatts ». « Nous avons encore 8 900 MW qui sont en cours d’installation. Il s’agit de centrales électriques qui parfois mettent 10 années pour être fonctionnelles », a-t-il fait savoir.

Le ministre a rappelé sa visite la semaine passée à la centrale de Mostaganem dont le contrat avait été signé en 2014. « Installée sur la plus belle plage de Mostaganem pour un coût de 680 millions de dollars. Le contrat c’était quatre ans, elle devait entrer en production en 2018. Nous sommes en 2021 et elle n’est pas encore sortie de terre. Nous sommes encore dans (la partie) génie civil, et elle ne viendra qu’en 2023-2024 », a regretté Attar.

« Cela à un moment où l’on devait diminuer la consommation de gaz pour produire plus avec les énergies renouvelables. Et ça ce n’est qu’un exemple. Il y a d’autres centrales qui sont dans la même situation », a indiqué le ministre, qui a expliqué que « 2020 aurait dû être le passage vers un nouveau modèle de consommation, vers quelque chose de complètement différent de ce que nous avons aujourd’hui ». Il a incombé ce retard dans la transition énergétique à la hausse des prix du pétrole.

Il a également cité l’usine de Batna de production des turbines à gaz pour une capacité de 1500 mégawatts. « En 2027 on n’aura pas besoin de cette puissance et on devrait la remplacer par l’énergie renouvelable. La loi 02/01 était normalement destinée à permettre de passer à une nouvelle organisation, une nouvelle façon de produire et de consommer l’énergie », a-t-il précisé.

Abdelmadjid Attar a expliqué : « A un certain moment, il fallait investir à tout bout de champs et produire de l’électricité avec le gaz. Aujourd’hui, on se rend compte qu’il fallait économiser le gaz. Nos réserves et la production sont en train de diminuer. À tel point qu’il arrivera un moment où on aura des problèmes de rente surtout. S’il n’y avait pas la rente, il n’y aurait pas eu de problèmes ».

Selon le ministre, 68% de la production de l’électricité « est destinée à la consommation domestique ». Il a rappelé que la loi sur l’électricité de 2002 avait été promulguée « dans l’objectif de faire du marché de l’énergie destiné à la consommation, un marché compétitif et de création de la plus-value ».

L’Algérie est un pays attractif pour l’investissement dans le domaine énergétique

En outre, Abdelmadjid Attar a estimé que l’Algérie était un pays attractif pour l’investissement dans le domaine énergétique et sera encore favorisée par la nouvelle loi des hydrocarbures.

Il a expliqué que les avantages fiscaux introduits dans la nouvelle loi des hydrocarbures rendront le pays plus attractif. « La réduction de la fiscalité prévue dans la nouvelle loi, pour certains types de contrats participatifs, donnera à l’État une part de 56 à 80 % y compris Sonatrach », a-t-il dit.

Concernant les textes d’application de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, Attar a indiqué qu’ils seront promulgués au cours de cette année. Il a précisé que 32 textes parmi les 38 sont finalisés dont 30 sont au niveau du secrétariat du gouvernement.

16 à 18 milliards de dollars pour concrétiser les projets de pétrochimie

Au sujet des réserves en hydrocarbures estimées dans le sous-sol, le ministre de l’Énergie a assuré qu' »il y a encore des hydrocarbures à découvrir en Algérie ». Il a indiqué que plusieurs grands investisseurs sont présents depuis 2020 afin d’évaluer les opportunités des gisements et dans le domaine minier.

M. Attar a rappelé que Sonatrach avait prévu 40 milliards de dollars d’investissement dans son plan quinquennal afin d’exploiter ces richesses du sous-sol.

Pour ce qui est du financement de ces investissements, il a précisé que « le partenaire en investissement prendra les coûts de la recherche à hauteur de 100 % et Sonatrach n’est pas obligée de participer dans le développement des gisements qui vont être découverts ».

Le ministre de l’Energie a, en outre, annoncé que l’Algérie est à la recherche des investisseurs dans le domaine de la pétrochimie également. « Si on veut concrétiser les projets de pétrochimie, il nous faut 16 à 18 milliards de dollars », a-t-il indiqué.