La BAD et le GCA lancent une initiative pour mobiliser 25 milliards de dollars afin d’intensifier l’adaptation au changement climatique en Afrique

La BAD et le GCA lancent une initiative pour mobiliser 25 milliards de dollars afin d’intensifier l’adaptation au changement climatique en Afrique

Le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi A. Adesina, a annoncé, lundi 25 janvier, le lancement du Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique (AAAP) destiné à mobiliser 25 milliards de dollars américains pour intensifier les mesures d’adaptation aux effets du changement climatique en Afrique. Cette annonce a été faite lors de l’édition 2021 du Sommet pour l’adaptation au changement climatique (CAS), organisé par le gouvernement des Pays-Bas et le Centre mondial pour l’adaptation (GCA). « L’AAAP, une initiative commune de la Banque africaine de développement et du Centre mondial pour l’adaptation, devrait permettre d’intensifier les mesures innovantes et transformatrices prises en faveur de l’adaptation au changement climatique en Afrique », a déclaré le président Adesina lors du premier dialogue ministériel sur les mesures d’adaptation. « Nos ambitions sont grandes. Il s’agit de dynamiser les mesures de résilience face au changement climatique, d’aider les pays à accélérer et intensifier les mesures d’adaptation et la résilience au changement climatique et de mobiliser des financements à la hauteur des besoins de l’Afrique en matière d’adaptation au changement climatique », a soutenu le président de la Banque.  

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, l’ancien Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon, et son successeur, António Guterres, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, la chancelière allemande, Angela Merkel, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, et le Premier ministre indien, Narendra Modi, ont pris la parole lors du Sommet. Le président de la Banque mondiale, David Malpass, et la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, sont également intervenus.

Dans sa déclaration liminaire, Mark Rutte a souligné le contexte actuel marqué par la pandémie de Covid-19. Les Pays-Bas jouent un rôle mondial de premier plan en mettant à profit l’énergie et l’esprit d’entreprise des jeunes et en développant l’utilisation de solutions écologiques fondées sur la nature. « Après une année difficile, j’espère que 2021 verra s’accroître les ambitions et les mesures internationales en matière de changement climatique et que cette conférence contribuera à atteindre cet objectif », a plaidé Mark Rutte.

En reconnaissant les « énormes lacunes » qui subsistent dans le financement de l’adaptation dans les pays en développement, António Guterres a demandé que la moitié des financements pour la lutte contre le changement climatique, accordés par les pays développés et les banques multilatérales de développement, soient alloués à l’adaptation et à la résilience dans les pays en développement. Il a rappelé que la Banque africaine de développement avait établi cette norme en 2019 en affectant à l’adaptation plus de la moitié de son financement consacré à la lutte contre le changement climatique.

Des intervenants ont reconnu la vulnérabilité de l’Afrique au changement climatique et ont également salué les mesures novatrices mises en place par les pays africains face aux difficultés rencontrées.

Le président ghanéen, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, a indiqué que son pays collaborait avec le secteur privé, avec l’aide du Fonds vert pour le climat, « pour créer un fonds vert de plusieurs millions de dollars destiné à soutenir nos mesures d’adaptation au changement climatique et nos efforts de transition vers les énergies renouvelables. » 

Akinwumi A. Adesina a remercié Ban Ki Moon pour son rôle dans la création, l’an dernier, du Bureau régional pour l’Afrique du GCA, qui est hébergé par la Banque à Abidjan. Le président de la Banque a participé à trois sessions et a présenté un certain nombre d’initiatives de la Banque, dont le projet « Desert to Power » d’un coût de 20 milliards de dollars, avec l’objectif de créer, au Sahel, la plus grande zone mondiale de production d’énergie solaire.  « Notre programme phare pour l’adaptation des jeunes permettra de débloquer trois milliards de dollars en faveur des jeunes, d’aider 10 000 PME dirigées par des jeunes dans le domaine de la résilience au changement climatique, et de renforcer les capacités d’un million de jeunes en matière d’adaptation », a-t-il précisé.

L’initiative « TAAT » menée par la Banque a mobilisé 450 millions de dollars pour équiper 19 millions d’agriculteurs dans 27 pays en technologies agricoles résilientes au changement climatique, ce qui a permis d’augmenter de 60 % la moyenne des rendements.

Akinwumi A. Adesina a également reconnu que la présence de John Kerry, envoyé spécial des États-Unis pour la lutte contre le changement climatique, avait stimulé les efforts menés au plan international en la matière. « Avec vous comme responsable et avec le leadership fort et visible du président Biden, nous retrouvons un souffle nouveau pour mener le programme mondial de lutte contre le changement climatique », a-t-il affirmé.

Le Sommet pour l’adaptation aux changements climatiques, qui se déroule chaque année, répond à l’appel du Secrétaire général de l’Onu en faveur de projets plus concrets et de plus grandes ambitions d’un plus grand nombre de pays et d’entreprises pour rendre le monde plus résilient.

Le Centre mondial pour l’adaptation est un intermédiaire dans la mise à disposition de solutions pour l’accélération et le soutien aux mesures d’adaptation aux changements climatiques dans le monde.

Source : B.A.D

Colloque MDI