Mebtoul : « Quel bilan socio-économique de l’Algérie pour 2020? »

Tensions financières et risque de récession économique 2020/2022 sans vision stratégique

Face à la baisse du cours du pétrole et l’épidémie du coronavirus, l’Algérie souffre de l’absence   d’une véritable  stratégie. C’est ce qu’estime le professeur Abderrahmane Mebtoul qui s’interroge sur le bilan socio-économique de l’Algérie pour 2020.

« Au préalable, en cette année 2021, nous souhaitons pour un devenir solidaire que le monde de demain soit plus tolérant afin de réaliser la paix, la sécurité et le développement », souligne le professeur pour qui cette crise, a un impact sur toute l’économie algérienne fortement connectée au monde via les exportations d’hydrocarbures.

« Face à ce bouleversement mondial, l’Algérie souffre de l’absence d’une véritable  stratégie. Le dernier rapport du programme de relance économique 2020/2024 , qui n’innove nullement, certaines prévisions reprenant les mêmes hypothèses depuis des années mais vite démenties par la réalité. », indique-t-il.

Pour M. Mebtoul, rien de nouveau dans ce document puisque l’annonce reposant sur des hypothèses difficilement réalisables de la réduction des importations de 10 milliards de dollars USD dès 2020 et la réalisation d’au moins 5 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures en 2021 a été faite  il y a cinq mois en conseil des  ministres et depuis, ajoute-t-il, il y a eu la détérioration des indicateurs économiques et sociaux. Aussi, pour lui, il s’agira de dresser un bilan sans complaisance, ni sinistrose, ni autosatisfaction,  afin de pouvoir  tracer les perspectives du redressement national

« L’épidémie du coronavirus a un impact sur l’économie mondiale qui a connu en 2020, trois chocs : Un choc de l’offre avec la récession de l’économie mondiale, un choc de la demande du fait de la psychose des ménages, et un choc de liquidité. Face à ce bouleversement mondial, l’Algérie souffre de l’absence d’une véritable  stratégie. Pour faire face aux tensions financières, nous assistons à une dévaluation accélérée où le 31 décembre 2020, un euro s’échangeait à 161,4451 dinars et 132,1569 dinars pour un dollar », précise le professeur.

Quelles leçons tirer pour l’avenir  de l’Algérie ? S’interroge M. Mebtoul. Pour lui, l’Algérie a toutes les potentialités de surmonter la crise actuelle sous réserve d’une vision stratégique de développement hors hydrocarbures, une lutte contre la mauvaise gestion et la corruption dans le cadre d’une libéralisation maîtrisée dans le cadre des valeurs internationales, parallèlement à la levée des entraves bureaucratiques qui constituent l’obstacle majeur renvoyant à la refonte du système politique et socio-économique.

MDI