Algérie-Maroc : Course pour construire le premier un gazoduc relié au Nigéria

Algérie-Nigéria : Arkab s'exprime sur le projet de gazoduc transsaharien

L’Algérie et le Maroc sont en concurrence pour construire le premier un gazoduc relié au Nigéria. 

En effet, après sa visite fin novembre à Abuja (la capitale du Nigéria), le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a annoncé sur son compte Twitter qu’il a abordé avec son homologue nigérian, Geoffrey Onyeama, la relance du projet du gazoduc transsaharien entre Alger et Abuja.

« J’ai Rencontré mon frère Geoffrey Onyeama à Abuja. Nous avons eu des discussions fructueuses sur le renforcement des relations bilatérales et la mise en œuvre de projets stratégiques en cours de développement, notamment la liaison autoroute transsaharienne Lagos à Alger, le pipeline transsaharien et le câble à fibre optique », a tweeté le 27 novembre dernier le MAE algérien.

Pour rappel, l’idée d’un gazoduc reliant le Nigeria à l’Algérie, surnommé le « transsaharien », a germé dans les années 1980, mais l’accord concrétisant la mise en œuvre du projet n’a été qu’en 2009 par les gouvernements du Niger, du Nigéria et de l’Algérie. Cet accord avait permis de lancer pour la première fois les études de faisabilité du projet en vue de le concrétiser. Cependant, à ce jour, la construction du gazoduc n’a toujours pas commencé.

La longueur du gazoduc transsaharien sera de 4 128 kilomètres et sa capacité annuelle de trente milliards de mètres cubes. Le gazoduc devrait être détenu prévus d’être détenu à 90% par le groupe Sonatrach et la NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation), et à 10% par la Compagnie nationale du pétrole du Niger. Il devrait partir de Warri au Nigeria et aboutira à Hassi R’mel en Algérie en passant par le Niger. Mais, ce qui pose problème, c’est que le gazoduc traverse plusieurs zones instables et qui mettent en péril sa sécurité et donc sa fiabilité.

Il faut noter que l’Europe est favorable à la construction de ce gazoduc dans lequel elle voit une source de diversification de ses fournisseurs en gaz.

Mais, à peine quelques jours après l’annonce du MAE Sabir Boukadoum au sujet du projet, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a annoncé le 7 décembre sur son site internet que la réunion des États membres qui se tient les 9 et 10 décembre à Ouagadougou, au Burkina Faso, étudiera de près le projet du gazoduc Nigeria-Maroc. 

« L’objectif de la rencontre est d’échanger avec les Etats membres sur les développements actuels liés au projet d’extension du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest », a indiqué la Cedeao dans son communiqué, en précisant qu’il s’agira également « de faire le point sur les interactions entre [ce projet] et le Gazoduc Nigeria-Maroc ».

La Cedeao a rappelé que dans l’intervalle de développement du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest, « le Nigéria et le Maroc ont initié la construction d’un gazoduc (Gazoduc Nigeria-Maroc) reliant le Nigéria au Maroc en vue de valoriser les importantes réserves de gaz naturel du Nigéria et de répondre aux besoins croissants du Maroc et de l’Europe en gaz naturel. »

« Au vu des conclusions de l’étude sur le Gazoduc Nigeria-Maroc, il est apparu que les deux projets ont à peu près le même tracé et sont au même stade d’avancement (en termes d’études de faisabilité, ndlr) », a indiqué la Cedeao qui a ajouté que ces deux projets deux gazoducs « concourent à des objectifs communs ».

« Il apparait dès lors nécessaire qu’une synergie entre la commission de la Cedeao (chargée du projet de l’organisation, ndlr) et les promoteurs du projet de Gazoduc Nigeria-Maroc soit envisagée », est-il indiqué dans le même communiqué, qui a ajouté que  « dans cette perspective, un mémorandum d’entente est en cours de discussion entre la Commission de la Cedeao, la NNPC et l’ONHYM (Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc) ».