«Exemple de démocratie», le Ghana élit son président

«Exemple de démocratie», le Ghana élit son président

Le chef de l’État sortant Nana Akufo-Addo affronte ce lundi dans les urnes son rival de toujours, l’ancien président John Mahama.

Plus de 17 millions de Ghanéens sont attendus aux urnes lundi 7 décembre pour élire leur président, dans un duel où s’affrontent le chef de l’État sortant Nana Akufo-Addo et son rival de toujours, l’ancien président John Mahama. Les rues d’Accra étaient calmes, dimanche, au terme d’une campagne sans grand enthousiasme et ternie par la crise du coronavirus et le fort ralentissement de la croissance économique. Les électeurs pourront se rendre dans les quelque 38.000 bureaux de vote de 08 heures à 18 heures (heure de Paris) et choisir entre douze candidats, dont trois femmes, pour le poste de la magistrature suprême et devront élire leurs 275 députés.

Les deux principaux adversaires se retrouvent pour la troisième fois consécutive et une fois encore, les résultats pourraient être serrés: en 2012, John Mahama du Congrès National Démocratique (NDC) avait remporté le scrutin avec 50,7% des voix, puis en 2016 ce fut Nana Akufo-Addo, leader du Nouveau Parti Patriotique (NPP), avec 53,8%. Ennemis politiques historiques, ils se sont toutefois engagés à respecter les résultats et à garantir «la paix et la sécurité» dans le pays, réputé pour être un exemple de démocratie et de stabilité en Afrique de l’Ouest, région secouée cette année par des scrutins contestés et violents comme en Côte d’Ivoire voisine.

Depuis trente ans, «cinq présidents se sont succédé en paix, et ont même légué le pouvoir à l’opposition à trois occasions», a rappelé le chef de l’État Nana Akufo-Addo lors d’une traditionnelle adresse à la Nation en amont du vote. «Au regard de ce qu’il se passe sur le continent, et en Afrique de l’Ouest, le monde entier nous regarde et nous lui devons de garder notre titre d’exemple de démocratie, de paix et de stabilité», a ajouté le président sortant de 76 ans.

Les deux candidats ont mené campagne jusque très tard dans la soirée de samedi, et même si le chef de l’État pourrait bénéficier d’un bilan plutôt positif sur le plan économique, social et diplomatique, les principaux enjeux restent le chômage, les infrastructures, et l’accès à la santé. Depuis les années 2000, ce pays riche en or, cacao et plus récemment pétrole, a connu une forte croissance. Et le taux d’extrême pauvreté a été divisé par deux en moins de 25 ans. Mais certaines régions, notamment dans le Nord, continuent de vivre dans le plus grand dénuement, sans eau potable ou électricité. Surtout, la crise provoquée par le coronavirus a durement touché le pays, dont la croissance cette année devrait tomber à 0,9%, selon le FMI, soit le taux le plus bas depuis plus de trente ans.

Le président sortant a été salué pour sa gestion de cette crise, et s’il a tenu certaines de ses promesses, notamment sur l’éducation et l’accès à l’électricité, il a déçu sur son engagement principal: lutter activement contre la corruption. En novembre, le procureur spécial anticorruption a démissionné, accusant Nana Akufo-Addo d’obstruction dans son travail. De son côté, John Mahama, considéré comme un homme avenant et proche du peuple, devra faire oublier les accusations de mauvaise gestion économique qui avaient empêché sa réélection. Cette année, il peut toutefois compter sur sa colistière, Jane Naana Opoku-Agyemang, une ancienne ministre de l’Éducation, réputée intègre et originaire du Centre, une région clé pour remporter le scrutin.

Le vainqueur devra remporter plus de 50% des suffrages et les résultats devraient être connus dans les 24 heures suivant le scrutin, mais la Commission électorale a fait savoir dimanche que ce délai «n’était pas inscrit dans le marbre».

Afp

MDI