Importation de blé tendre en grandes quantités : le nombre élevé de minoteries pointé du doigt

Importation de blé tendre en grandes quantités : le nombre élevé de minoteries pointé du doigt

Le ministre de l’Agriculture et du développement rural, Hamid Hemdani, a évoqué, jeudi 19 novembre 2020, l’importation en « grandes quantités » du blé tendre destiné à la production de la farine.

Intervenant sur les ondes de la radio chaîne II, le ministre a fait savoir que l’Algérie n’importe plus de semences céréalières qui sont quasiment produites au niveau local et que la production nationale assure plus de 80% des besoins nationaux en matière du blé dur. Mais, selon lui, le problème reste celui de l’importation du blé tendre destiné à la production de la farine avec des « quantités importantes ».

« Cette situation n’est pas due au mode de consommation nationale de ce produit », a-t-il fait observer, mais plutôt au nombre « élevé des minoteries qui dépasse actuellement les 400 unités », a dit le ministre dont les propos ont été rapportés par l’agence officielle.

Il a, à ce propos, indiqué que « le dossier relatif à la mise en place d’un dispositif du contrôle et de suivi de l’usage de ce produit (farine, ndlr) est au niveau du ministère et sera mené en collaboration avec le ministère du Commerce ».

C’est dans ce contexte, poursuit-il, qu’intervient la décision relative au report de l’entrée en vigueur des deux décrets exécutifs fixant respectivement les prix à la production et aux différents stades de distribution des farines et du pain ainsi que des semoules de blé.

Il s’agit du décret portant fixation des prix aux différents stades de la distribution des farines et du pain et du décret fixant les prix à la production et aux différents stades de la distribution des semoules de blé dur.

Cette décision a été prise par « souci de garantir l’aboutissement du programme tracé par les autorités publiques, relatif à l’encadrement des opérations de production et de distribution des farines et de la semoule subventionnée », avait indiqué le ministère du Commerce dans un précédent communiqué.

Il convient de rappeler que le total des importations algériennes de blé pour expédition de la campagne de commercialisation 2020/2021 a atteint 3,2 millions de tonnes. Des estimations du département de l’Agriculture américain (USDA) s’attendent à environ 6,8 millions de tonnes de blé devant être importées par l’Algérie au cours de la campagne de commercialisation 2020/21.

Le ministre de l’Agriculture a, par ailleurs, abordé la stratégie de développement de son secteur. « La stratégie du secteur repose sur une feuille de route présentée le 26 juillet dernier en Conseil des ministres et s’articule principalement sur la sécurité alimentaire, le développement des filières stratégiques à l’exemple du blé tendre et les huiles qui constituent l’essentiel des importations en produits alimentaires et enfin l’encouragement de l’Investissement », a indiqué M. Hemdani.

Et de préciser : « Pour développer les filières stratégiques et réduire les importations notamment des produits qui pèsent sur la balance commerciale, telles que les grandes cultures et les huiles, la stratégie élaborée par le ministère de l’Agriculture mise sur le lancement des projets structurants ».

S’agissant du recensement du foncier agricole à travers le territoire national, le ministre a affirmé que son département travaille en étroite collaboration avec les bureaux d’études et l’Agence spatiale algérienne (ASAL) qui utilise des outils géo-spatiaux (imagerie satellite, cartes et autres outils spatiales) afin d’identifier les parcelles agricoles potentiellement fertiles et celles qui sont proches des ressources hydriques.

Evoquant l’autre axe de la stratégie du secteur portant sur l’encouragement de l’investissement, il a relevé que le principal défi consistera à organiser l’investissement en « débureaucratisant l’acte économique ». 

Il a, à ce propos, mis en avant l’importance de la création récente de l’Office de développement de l’agriculture saharienne, une entité qui facilitera, selon lui, le parcours des investisseurs en leur épargnant les lourdeurs bureaucratiques à travers un guichet unique.

Le ministre de l’Agriculture a, d’autre part, souligné l’importance du nouveau décret exécutif du 29 septembre 2020 modifiant et complétant le décret exécutif de 1996 qui garantit plusieurs facilitations administratives concernant la création et la gestion des coopératives agricoles.

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