Attar aux demandeurs d’emplois : « Le secteur des hydrocarbures affiche complet »

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Le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, a indiqué, ce lundi, que le secteur de l’Energie « n’est plus celui qui va créer de l’emploi » en suggérant de trouver d’autres solutions pour générer du travail notamment dans d’autres secteurs tels que l’agriculture, la création de PME/PMI et les services. Dans ce qui semble être un message aux demandeurs d’emplois, Abdelmadjid Attar a déclaré que « le secteur des hydrocarbures affiche complet ».

Le ministre a d’abord tenu à faire une comparaison entre une compagnie étrangère et une compagnie nationale en matière de transparence, gestion, recrutement…etc.

Intervenant sur les ondes de la radio chaine III, Abdelmajid Attar a indiqué : « Quand vous prenez une société pétrolière internationale, elle a une assemblée générale qui représente les propriétaires, un conseil d’administration, il y a une procédure, il y a un contrôle. L’objectif d’une société comme celle-là, c’est d’abord la rentabilité (…). Deuxièmement, c’est le profit, car, sans rentabilité, il n’y a pas de profit pour les propriétaires », a-t-il expliqué, en soulignant que les sociétés américaines, allemandes, françaises, japonaises, travaillent pour les intérêts de leurs pays.

Le ministre de l’Energie a indiqué qu’une société nationale devrait fonctionner sur le même principe. « Il faut que ce qu’elle fait soit rentable et assure des profits. Son propriétaire c’est l’Etat. Le propriétaire de Sonatrach et de Sonelgaz est l’Etat (…). Donc, il faut gérer de la même façon tout simplement. Et là, il faut des hommes aussi », a développé M. Attar qui a estimé que « ce n’est pas le cas » aujourd’hui. Les entreprises nationales ne travaillent pas sur le principe « rentabilité-profit ».

« Ce n’est pas le cas surtout au point de vue rentabilité. Le profit, il n’y pas de problèmes, parce qu’il y a le contrôle, des assemblées générales, le commissaire au compte…etc. Mais, quand vous arrivez au point rentabilité, là je suis désolé. Je prends l’exemple de Sonatrach, il y a eu énormément de pression sur elle depuis 20 ans ou un peu plus », a-t-il ajouté.

Le ministre a expliqué que « l’économie du pays ne s’est pas bien développée, et on n’a pas développé de nouveaux emplois et de nouvelles richesses. » « On est resté autour de la rente depuis des dizaines d’années. On vit avec la rente », a relevé M. Attar. « Automatiquement, la population augmente, le nombre de jeunes et des universitaires qui sortent des universités augmente. Donc, il y a une énorme pression en matière d’emploi », a-t-il dit.

« Le secteur des hydrocarbures affiche complet »

« Je le dis et je le redis, le secteur des hydrocarbures ce n’est pas lui qui va créer de nouveaux emplois. Il produit déjà une richesse. Il produit des emplois qui ne sont pas durables uniquement pour réaliser les chantiers », a déclaré le ministre de l’Energie, en ajoutant que « la richesse est ailleurs ». « Le développement du pays doit être basé sur d’autres richesses durables, qui sont éternelles et ça : c’est l’agriculture, ce sont les PME/PMI, ces sont les services…etc. », a-t-il précisé.

« Autrement dit, le secteur des hydrocarbures, aujourd’hui, je peux vous dire qu’il affiche complet », a-t-il déclaré, en précisant : « Il y a un sureffectif énorme au niveau de Sonatrach. Si on compte le nombre de travailleurs au niveau de Sonatrach et de ses filiales, c’est énorme. ça c’est la pression. Il faut donner de l’emploi aux gens, et on ne peut pas continuer. »

Pour le ministre de l’Energie : « Il faut trouver des solutions. Moi, c’est ce que je n’arrête pas de dire. Quand je me rends sur le terrain et je dis qu’il faut que nous puissions créer de l’emploi dans d’autres secteurs et la priorité c’est l’agriculture, les PME/PMI, les micro-entreprises…etc. C’est pour ce la que dans le secteur de l’Energie ont donne la priorité à l’usage de l’énergie en matière de création d’emploi et de richesse, et non plus un usage qui ne produit aucune plus-value », a-t-il expliqué, en rappelant que « 78% de l’énergie consommée en Algérie, elle est consommée dans le domestique (les ménages), ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas, mais, il n’y a aucune plus-value ».

« A partir du moment où vous exercer une pression sur une entreprise pour lui demander de recruter plus que ce dont elle a besoin, que voulez-vous qu’il se passe? Il y a du sureffectif, les règles ne sont pas respectées en quelque sorte, et à ce moment-là, il y a du sureffectif, et automatiquement il y a des passe-droits…etc. », a expliqué M. Attar, estimant que ce n’est pas en « un claquement de doigts »  qu’on mettra fin à cette situation.

« On ne peut mettre fin à cette situation que si on crée de nouveaux emplois durables dans d’autres secteurs », a insisté le ministre, qui a estimé que « les jeunes, aujourd’hui, demandent un emploi durable. » « Il faut développer tous les autres secteurs », a suggéré M. Attar en soulignant que dans le secteur des hydrocarbures il ne restait que la pétrochimie à développer et dans lequel domaine l’Algérie est en retard.

Attar s’explique sur les incidents des derniers jours sur des infrastructures énergétiques

Concernant les incidents des derniers jours sur des infrastructures énergétiques, M. Attar a fait savoir qu’en ce qui concerne le gazoduc d’El Bayadh, un engin d’une entreprise d’assainissement a touché la conduite de gaz.

S’agissant de la conduite de gaz d’El Oued provoqué par la crue, il a mis en exergue « un problème de suivi et de maintenance », notant que la conduite n’était pas protégée par des structures de fixation.

Evoquant le gazoduc OB1 au niveau de Touggourt, M. Attar a rappelé que cette conduite date de 1959, suggérant que la fuite a fait suite à un problème de maintenance.

« Un comité de pilotage, impliquant les secteurs de l’environnement, de l’agriculture et de l’eau a été mis en place pour localiser les risques au niveau des pipes et prendre les mesures nécessaires », a fait savoir le ministre.

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