Les moulins du groupe Amor Benamor à l’arrêt : 1000 travailleurs au chômage technique

Les moulins du groupe Amor Benamor à l'arrêt : 1000 travailleurs au chômage technique

Les moulins du groupe Amor Benamor dans la wilaya de Guelma ne tournent plus depuis le mois de septembre dernier faute d’approvisionnement en matière première, le blé. L’arrêt de production a conduit l’entreprise à mettre 1000 travailleurs au chômage technique et l’absence des produits Amor Benamor dans les commerces.

Après une constatation de l’absence des produits (pâtes et couscous) de la marque sur les étals des commerces, ayant suscité des réclamations de la part des clients et des consommateurs, l’entreprise a réagi dans un communiqué publié sur Facebook. Elle a précisé début octobre que « cette situation est due au manque de matière première depuis quelques semaines. Les derniers événements liés à la crise sanitaire ont généré des répercussions directes sur notre activité, créant un précédent indépendant de notre volonté. L’entreprise Amor Benamor met tout en œuvre afin de régler cette situation qui ne saurait perdurer ».

L’OAIC a bloqué l’approvisionnement du groupe en blé subventionné

Selon les informations du journal El Watan, les raisons de cette situation qui semble s’inscrire dans la durée, est que « après l’incarcération des patrons de ce groupe, l’OAIC a bloqué l’approvisionnement de ce dernier en blé subventionné. Or, les Moulins Amor Benamor ne dépendent pas de l’OAIC. »

Pour rappel, le 13 février dernier, Laïd et son frère et associé Mohamed El Hadi Benamor ont été placés sous mandat de dépôt. Ils sont accusés de « dilapidation de deniers publics » et « exploitation illégale de terres agricoles ».

Documents à l’appui, un cadre du groupe cité par le même journal a expliqué : « Le groupe importe plus de 65% de ses capacités de production en blé non subventionné. Ce qui nous coûte le double du prix de celui subventionné. Et pour être parfaitement clair avec vous et vos lecteurs, je vous remets toutes les attestations d’admission temporaires établies par les services des douanes algériennes qui font foi. Les pâtes Amor Benamor exportées vers l’étranger sont produites exclusivement par le blé dur importé ! Les états des importations et des exportations de nos produits ainsi que du blé subventionné par l’Etat, acquis auprès de l’OAIC, sont justifiés avec un écart nul ».

D’autres cadres du groupe ont également expliqué à El Watan : « Tous nos comptes bancaires ont été bloqués. Nous disposons largement de moyens financiers pour assurer l’approvisionnement de nos unités de production, mais l’Etat en a voulu autrement, mettant en danger la disparition de plus de 1000 postes de travail, notamment en cette crise économique due à la Covid-19. A qui profite cette situation qui semble être politisée, sachant que les patrons du groupe sont déjà en prison ? De par le monde, les fortes économies se mesurent par la création de l’emploi, chez nous malgré la fragilité criante de notre situation financière, on détruit l’emploi pour renforcer les gros rangs du chômage ».

1000 travailleurs au chômage technique

Mis au chômage technique depuis l’arrêt des moulins de Amor Benamor, quelque 1000 travailleurs du groupe ont tenu mardi leur troisième rassemblement pour protester contre la mise à l’arrêt de leur outil de production, rapporte encore journal El Watan.

Rassemblés devant le siège de la wilaya de Guelma, les travailleurs au chômage technique ont brandi tous des pancartes sur lesquelles on peut lire, entre autres : « Nous ne voulons pas protester, nous voulons protéger nos emplois », « Nous voulons du blé pour nos moulins », « Laissez nous travailler svp ».

Cité par le journal, Abdelatif Mekmouche, le porte-parole des travailleurs des unités Amor Benamor, a déclaré : « Malgré nos multiples sit-in de protestation, nos revendications n’ont pas été prises en charge sérieusement par les pouvoirs publics. Le président de la République a promis que les postes de travail seront protégés. Ce qui n’est pas le cas pour nous les 1000 travailleurs des Moulins Amor Benamor qui sont passés au chômage technique avec autant de travailleurs indirects ».

Rappelons que le gouvernement a acté la fin de la subvention du blé tendre et dur destinés à la fabrication d’autres types de farines et de pâtes alimentaires et couscous. C’est, en effet, ce qui est contenu dans deux décrets exécutif publiés le 7 septembre au journal officiel n°52.

MDI School