Affaire Ali Ghediri : Sa défense dénonce « un règlement de compte »

Des avocats du collectif de la défense du général à la retraite Ali Ghediri, en détention provisoire depuis 16 mois à la prison de Kolea (Tipaza), ont organisé hier (samedi) une conférence de presse durant laquelle ils ont dénoncé « une procédure longue pour un dossier vide »,  « une volonté de punir Ghediri » et « un règlement de compte », rapporte ce dimanche le quotidien Liberté.

« Cela fait plus d’une année que nous allons d’un tribunal à un autre pour défendre des affaires (délits d’opinion, ndlr) sans fondement juridique. J’ai rejoint le collectif de défense d’Ali Ghediri, il y a un mois. Il est accusé d’atteinte au moral de l’armée. De la part d’un ancien haut gradé de l’armée, père et frère de nombreux officiers dans l’ANP ?”, a déclaré Me Aouicha Bekhti.

“Nous nous sentons impuissants : nous donnons le maximum, mais nous ne pesons pas sur le cours de la justice”, a-t-elle regretté, en ajoutant qu' »Ali Ghediri est un homme qui subit l’arbitraire, comme des centaines de jeunes militants, et aussi Louisa Hanoune qui a fait de la prison pour ses activités politiques. Ni lui ni ses avocats ne sont, pour autant, pessimistes. Nous parlons de la difficulté de notre mission en ce moment. Nous ne lâchons rien, nous ne nous décourageons pas ».

De son côté, Me Khaled Bourayou a déclaré : « S’il y a une justice indépendante, l’affaire de Ghediri n’a pas besoin de défense. » « Dans cette affaire, il y a un règlement de compte. Une volonté de punir Ghediri. On a ajouté au dossier des faits qui n’étaient pas consignés par le juge d’instruction », a indiqué Me Bourayou, qui s’est étonné qu’on puisse faire croire « qu’une personne seule puisse déstabiliser l’armée ».

Pour sa part, Me Chafei, a indiqué : « Y a-t-il besoin d’un avocat pour prouver qu’une feuille est blanche ? » Selon lui, le destin du général à la retraite « ne sera pas scellé par des textes juridiques ».

Tout en mettant en évidence la faible médiatisation de l’affaire de Ali Ghediri, Me Chafei et Me Haddad ont insisté sur le fait qu’elle (l’affaire) relève strictement du délit d’opinion après la requalification des faits par la chambre d’accusation de la Cour d’Alger.

Pour rappel, Ali Ghediri a été placé sous mandat de dépôt en juin 2019. Il est poursuivi pour « atteinte au moral des troupes ».

Colloque MDI