Une entreprise espagnole aurait payé 3,9 millions d’euros de pots-de-vin pour obtenir un contrat en Algérie

Une entreprise espagnole aurait payé 3,9 millions d'euros de pots-de-vin pour obtenir un contrat en Algérie

La société énergétique espagnole Elecnor aurait payé 7,4 millions d’euros à l’ancien vice-ministre vénézuélien, Nervis Villalobos, après avoir remporté les appels d’offres pour une station de dessalement à Souk Tleta en Algérie et d’une ligne de transport d’électricité Ancoa-Alto Jahuel au Chili, a rapporté mardi le journal espagnol EL PAÍS.

« Il s’agit de trois factures émises entre 2010 et 2012 par l’ancien dirigeant chaviste d’une société maltaise à la société espagnole pour des services de conseil présumés. Ils font partie d’une enquête judiciaire en Andorre sur un réseau d’anciens responsables vénézuéliens qui ont versé des commissions à des entreprises en échange de récompenses », a précisé le journal citant des documents auxquels il a eu accès

Selon la même source, Elecnor aurait reçu « environ 375 millions d’euros pour les appels d’offres en Algérie et au Chili, qui ont été attribués en 2008 et 2009. »

« Pour le travail de conseil sur les travaux algériens, Villalobos a émis deux factures à Elecnor en 2011 et 2012 pour 3,9 millions d’euros, selon les documents », a précisé EL PAÍS.

« L’entreprise publique ADE (Algérienne des eaux, ndlr) avait octroyé en 2008 pour 250 millions d’euros à l’entreprise basque les services d’ingénierie, de construction, de fourniture et de mise en service de cette infrastructure qu’Elecnor annonçait sur son site internet comme  »le plus grand réseau de transport du Maghreb » », a ajouté le quotidien espagnol.

« L’ancien dirigeant de Chavista a émis une facture de 3,5 millions pour des conseils à Elecnor sur la ligne de transport d’électricité chilienne. Un travail qui rapportait à la compagnie énergétique un contrat de 124,7 millions d’euros, selon les documents », a précisé le même journal.

« Le projet de ligne de transmission Ancoa-Alto Jahuel au Chili et le projet de transport d’eau potable Souk Tleta en Algérie ont été attribués à Elecnor lors d’appels d’offres internationaux en 2009 et 2008 respectivement, sans avoir les services ou l’intermédiation d’agent commercial », répond Elecnor par courrier au journal espagnol.

EL PAÍS n’a rien précisé sur l’implication de responsables algériens dans cette affaire ou comment l’ancien vice-ministre vénézuélien a fait pour permettre à Elecnor d’obtenir des marchés en Algérie.

MDI