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Révision de la constitution : Vers le dernier acte de sortie de crise

Tel un point de chute, ou toutes les échéances pour le changement radical, semblent  converger, le 1er novembre, date de la tenue du référendum pour la révision de la constitution vient de mettre en scène, le dernier acte du processus de sortie de crise, qui a plongé le pays dans une léthargie politique, économique et sociale. Hormis les effets de la crise sanitaire qui ont entravé le rythme de ce chantier multidimensionnel, l’acheminement vers un dénouement couronné par l’adhésion de tous les partenaires et acteurs de la scène politique, prend la forme d’une nouvelle configuration de l’activité politique, loin des alliances présidentielles et des plans ourdis pour déstabiliser le pays. L’annonce de la date du référendum a eu l’effet d’une remise à zéro, ou tous les partants de la course se sont retrouvés sur les starting-blocks, pour un nouveau départ. Il convient de dire dans ce sens, que de son côté le gouvernement a mis les bouchées doubles, pour faire avancer les voies du changement, en multipliant les prises de décisions importantes, pour baliser le chemin et mettre en place les mécanismes sur lesquels s’appuieront les reformes engagées.

Le travail a déjà commencé, et de conseil ministériel en réunion du gouvernement, les dernières actions du président de la République dénotent d’un réel engagement qui vise la réhabilitation de la confiance entre le citoyen et l’Etat. Cela s’est hautement exprimé par les récents mouvements opérés dans le corps des walis et des secrétaires généraux de wilayas, et de la vague de limogeage des hauts responsables  d’Algérie Poste, et du ministère des ressources en Eau. Des secteurs qui ont brillé dernièrement et notamment lors des grandes fêtes par leur incompétence. Un signal fort de la part des pouvoirs publics, pour signifier la rupture avec l’ancien régime, et les pratiques sournoises de gestion,  qui sont devenues par le passé des règlements administratifs incontournables. Désormais, les responsables auront des comptes à rendre, et seront tenus par l’obligation d’atteindre les objectifs inscrits dans le développement de leurs secteurs. Le temps de l’anarchie et de l’impunité, et de l’opacité est fini.

Une voie qui semble parsemée d’embûches et d’obstacles, car le plus dur reste à faire, dans la mesure où la tenue du référendum implique la dissolution du parlement et des conseils de wilayas et municipaux, et ce dans le cadre de l’organisation des élections législatives qui viendront acter définitivement la naissance de la nouvelle république. Des élections qui auront la lourde tâche d’effacer l’image d’un système d’élection entièrement édifié sur le pouvoir de l’argent, ou les voix pour obtenir des sièges se négociaient  à la grosseur de la « chkara » des candidats, et ou les postes de haut rang s’obtenaient selon le degré d’allégeance à la sphère de décision, et à l’oligarchie,  et  ou les lois et les constituions se votaient sans la participation du peuple, et par conséquent en total mépris pour les préoccupations et les attentes des citoyens. Ce sont les raisons qui ont poussé le peuple à se soulever et a imposer pacifiquement sa détermination à prendre seul son destin en mains.

De toute vraisemblance, la réussite de ce passage délicat à plus d’un titre est sans ambiguïté le point nodal de tous les chantiers en cours. De la reconfiguration de la scène politique, à la relance économique, avec en ligne de mire la naissance d’un état de droit balisé par une justice indépendante, le référendum pour la révision de la constitution représentera en profondeur, l’engagement et l’adhésion de tous les partis politiques, la société civile, le gouvernement, et le peuple à regarder dans la même direction, en laissant de côté les sentiers embourbés et les niches de la discorde. Tenant compte des défis et des enjeux qui s’imposent et qui revêtent un aspect d’urgence incontestable,  les quelques mois qui nous séparent de la fin de l’année seront les plus déterminants dans l’histoire de la nouvelle Algérie. Et pour cause, plusieurs dossiers brûlants demeurent dans l’attente d’une vision claire,  tel que le chômage, l’emploi, l’amélioration du pouvoir d’achat, l’indépendance des hydrocarbures, la sécurité alimentaire, et la transition énergétique. Des chantiers qui nécessitent avant tout, un assainissement des institutions de l’administration, de la corruption et de la bureaucratie, et la concrétisation sur le terrain par agenda précis dans le temps de l’application des décisions prises en hauts lieux. Il y va de la crédibilité de l’état, qui se trouve au centre de la réussite du plan du changement tant attendu par tous.

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