Transition énergétique de l’Algérie : Mebtoul propose six solutions majeures

L’énergie engage l’avenir économique et sécuritaire de l’Algérie et toute décision majeure devra être préalablement analysée par le   Conseil National de l’Energie, dont la mise en place prochaine a été annoncée par le Président de la république, seul habilité à tracer la future politique énergétique et qui devrait être constitutionnalisé. C’est le constat établi par le professeur Abderrahmane Mebtoul qui propose six axes de la transition énergétique de l’Algérie 2020/2030.

Premièrement, il s’agit d’abord, selon lui  et c’est une solution possible à court terme d’améliorer l’efficacité énergétique par une nouvelle politique des prix (prix de cession du gaz sur le marché intérieur, environ un dixième du prix) occasionnant un gaspillage des ressources qui sont gelées transitoirement pour des raisons sociales.

Deuxièmement, les énergies traditionnelles  constitueront encore pour 10/15 ans le principal bouquet énergétique. Aussi pour l’Algérie, il s’agira de  continuer à investir dans l’amont car la transition nécessaire mettra du temps à se réaliser et dépendra des rapports de force au niveau du pouvoir énergétique mondial.

Troisièmement, ajoute M. Mebtoul, l’Algérie compte construire sa première centrale nucléaire en 2025 pour faire face à une demande d’électricité galopante, l’Institut de génie nucléaire, créé, devant former les ingénieurs et les techniciens en partenariat, qui seront chargés de faire fonctionner cette centrale.

Quatrièmement, est l’option du pétrole/gaz de schiste pas avant l’horizon 2025 qui procurera un profit moyen où l’Algérie possède  le  3ème réservoir mondial selon des études (internationales) introduite dans la loi des hydrocarbures, dossier que j’ai eu l’honneur de diriger pour le compte du gouvernement et remis en janvier 2015.

L’axe stratégique de la transition énergétique pour l’Algérie, relevant du cinquième axe sera le développement des énergies renouvelables avec le primat de l’hydrogène entre 2030/2040.

En conclusion, le professeur estime que l’Algérie,  au niveau de l’espace méditerranéen et africain possède toutes les potentialités pour être un acteur actif dans le domaine tant sécuritaire, économique qu’énergétique.

« D’où l’importance stratégique pour Sonatrach et Sonelgaz d’un nouveau management stratégique afin de réduire les couts et qui ne date pas d’aujourd’hui comme je l’ai constaté dans un audit sous ma direction entre 1974/1976(bilan de Sonatrach -Ministère -Industrie/Energie Alger – 1974/1976 assisté des cadres dirigeants de Sonatrach/Sonelgaz  et d’experts nationaux 7 volumes 680 pages)   et d’un nouveau modèle de consommation énergétique (pour un nouveau modèle de consommation des carburants audit sous ma direction assisté du bureau d’études Ernest Young et des cadres dirigeants de Sonatrach 2007 8 volumes 780 pages). »

« Comme je l’ai préconisé à Bruxelles à l’invitation du Parlement européen déjà en 2011 et dans plusieurs conférences, au Sénat français en 2014 présidé par mon ami le professeur et ancien ministre  Jean  Pierre Chevènement, et conférence à l’Ecole supérieure de Guerre devant les officiers supérieurs en 2019,  le co-partenariat avec des firmes de renom  étrangers peut être le champ de mise en œuvre de toutes les idées innovantes. Pour le cas Algérie, la sécurité nationale étant posée, le défi principal entre 2020-2030 sera la maîtrise du temps et de mettre en œuvre concrètement tant la transition politique, économique qu’énergétique. Car ce n’est pas parce qu’il n’y avait plus de charbon qui reste d’ailleurs la plus importante réserve mondiale, mais avec des couts croissants, que l’on est passé aux hydrocarbures », précise le professeur.

Ce sont, pour lui, les innovations technologiques qui ont  permis de réduire les coûts, ce que les économistes appellent les économies d’échelle influant d’ailleurs sur la recomposition du pouvoir économique mondial et sur les gouvernances locales et mondiales.  Le monde de demain sera dominé par les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle qui influera sur la gestion des entreprises, des administrations, des systèmes politiques et nos comportements dont le fondement est la bonne gouvernance, le primat à au savoir, à l’éducation, à la santé et aux nouvelles activités créatrices de valeur dont la culture et les loisirs.

Cela implique, selon M. Mebtoul, le renouveau dans les négociations internationales, en repensant l’actuelle mondialisation qui produit des inégalités criardes, nécessitant de nouveaux mécanismes de régulations économiques, sociales et juridiques pour l’atténuation tant des tensions sociales que de favoriser la transition énergétique qui conditionne la sécurité des Nations et le développement durable.

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