Interdiction d’importation des produits agricoles pendant la saison de cueillette

Agriculture : plus de 1,2 million de petits exploitants ont du mal à accéder au financement

Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune a ordonné, dimanche lors de la réunion du Conseil des ministre qu’il a présidé, « l’interdiction totale de l’importation des produits agricoles pendant la saison de cueillette »

Selon lui, cette décision est prise afin « de protéger la production nationale, ainsi que le durcissement du contrôle sur les fruits importés en vue d’éviter la surfacturation et s’assurer de la qualité pour la préservation de la santé du citoyen », lit-on dans le communiqué sanctionnant la réunion du Conseil des ministres

Le Président Tebboune, a en outre, insisté sur « davantage de réduction de la facture d’importation sans toutefois créer de pénurie sur le marché et ordonné un recensement exhaustive des cheptels en recourant à l’imagerie aérienne, afin de créer une base de données qui nous permettra de maîtriser ces cheptels et d’assurer, ainsi, l’approvisionnement du marché en quantités indispensables de viandes. »

Le ministre du commerce a également passé en revue la structure des importations agricoles, notamment les viandes, les fruits et légumes, le lait, le blé, l’orge et le mais.

Rezig a énuméré « les mesures proposées pour protéger la production agricole, comme celle d’élargir la liste des produits soumis au Droit Additionnel Provisoire de Sauvegarde (DAPS), de soumettre l’activité d’importation au principe de spécialisation et de souscription au cahier des charges, de numériser le commerce extérieur et le fichier national des industries agricoles, et enfin de bien analyser la structure des importations pour définir la nomenclature des produits dont l’importation peut être réduite avec un renforcement de la lutte contre la surfacturation, et la mise en place d’une stratégie nationale d’exportation », a précisé le communiqué.

Par ailleurs, selon le même communiqué, le Ministre de l’Agriculture et du Développement rural a, quant à lui, présenté un exposé relatif à l’organisation juridique de l’Office de Développement de l’Agriculture industrielle en Terres sahariennes, conformément aux décisions du Conseil des ministres du 03 mai 2020.

Le ministre Cherif Omari, selon la même source, a mis en exergue « le rôle stratégique de l’Office qui aura pour mission de développer et promouvoir les cultures industrielles stratégiques sur les terres sahariennes, notamment les céréales dont le mais, et les industries sucrière et oléagineuse. »

« Cette démarche intervient en exécution des engagements de Monsieur le Président de la République de réduire la facture d’importation, et de rendre disponible les matières premières brutes nécessaires à la production des denrées de large consommation, à travers l’exploitation des potentialités qu’offre l’agriculture saharienne, pour augmenter les capacités agricoles du pays et assurer la sécurité alimentaire », a-t-il expliqué.

Selon lui, l’Office, dont le siège sera établi au sud du pays, aura à simplifier les procédures et accompagner les investisseurs et porteurs de projets structurants et intégrés. « Il se chargera également d’accompagner les porteurs de grands projets d’investissements agricoles qui permettent de développer les cultures industrielles stratégiques, destinées à remplacer les matières premières importées massivement par les opérateurs économiques », a-t-il encore expliqué.

Au terme de cet exposé, selon le même communiqué, le président de la République a rappelé « la nécessité de garder en vue l’objectif économique national de la création de cet Office, à savoir s’affranchir le plus tôt possible de l’importation des cultures sucrières, des oléagineuses et du maïs pour économiser la devise, insistant sur l’impératif de déterminer les droits et obligations des parties opérant avec l’Office de Développement de l’Agriculture industrielle en Terres sahariennes, suivant un cahier des charges précis. »