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Mebtoul : « L’Algérie fait face à des partis politiques déconnectés de la société »

L’Algérie fait face à des partis politiques déconnectés de la société  et une société civile atomisée à dominance informelle, il y a donc urgence de la refondation de l’Etat. C’est ce qu’estime le professeur Abderrahmane Mebtoul qui pense que la réforme globale est la condition indispensable du développement de l’Algérie dans sa dimension politique, sociale, culturelle et économique.

« Dès lors, nous sommes en face de deux démarches qui ont des incidences fondamentalement différentes sur la manière de gérer le dossier des réformes, liant l’efficacité économique (adaptation de l’Algérie à la globalisation de l’économie) à la cohésion sociale par une plus grande équité sans verser dans le populisme, en octroyant des salaires versés sans contrepartie productive, contribuant ainsi à favoriser une croissance négative avec, pour corollaire, le chômage. Nous pouvons, à l’aide d’un modèle matriciel ouvert daté, dans une perspective dynamique, modéliser l’ensemble de la démonstration précédente et ainsi prévoir les différents scénarios possibles en fonction de l’état des rapports de force au niveau interne, tenant compte de l’évolution de la stratégie des acteurs au niveau externe », indique M. Mebtoul

Il présente deux hypothèses dans ce sens. L’hypothèse une selon lui: l’échec du processus des réformes. Les conditions de l’échec sont réelles et réunies dans l’environnement juridique et économique en cas de  manque de visibilité et de cohérence dans la démarche économique et sociale, accentué par les rentiers au niveau interne et certains segments d’acteurs externes entretenant des relations informelles et qui ne sont pas intéressés par l’approfondissement des réformes (perte des marchés en cas d’avis d’appel d’offres transparents ; l’ambiguïté des textes juridiques permettant le blocage légal des réformes ; la multiplicité des intervenants autorisant une confusion des prérogatives ; la fragilité des capacités d’investissement du privé interne, les plans de stabilisation ayant réalisé une épargne forcée au détriment des couches moyennes qui se sont paupérisées ; la méfiance entretenue par des investisseurs internes et externes, par des modifications continuelles de textes de lois alors que la stabilité doit être de rigueur, ainsi que des discours populistes de règlements de comptes sur un sujet sensible qui est la fiscalité, entretenu par les acteurs défavorables et enfin la forte pression pour revenir aux pressions protectionnistes dans la mesure où la libéralisation détruit une fraction de la rente.

L’hypothèse deux qui est, selon le professeur,  la réussite du processus des réformes. Les conditions de la réussite des réformes en Algérie, estime-t-il, sont également contenues dans son environnement juridique, économique et politique. La démystification culturelle est importante et doit continuer, les rumeurs dévastatrices au sein de l’opinion n’étant que la traduction de la faiblesse du système de communication, surtout en Algérie où la voie orale est prédominante. Pour cela s’impose une collaboration étroite des partis politiques, des associations et, d’une manière générale, de toute la société civile, l’administration, dont les walis, des entreprises publiques et privées, les collectifs des travailleurs, des syndicats, en aplanissant par le dialogue et la concertation les divergences. Comme il s’agira de concilier l’objectif stratégique au moyen de tactiques précises par une symbiose des intérêts individuels et l’intérêt collectif, en montrant que les gagnants des réformes à moyen terme seront plus nombreux que les perdants à court terme. Une communication intelligente et active est fondamentale pour faire aboutir les réformes. Forte de l’appui des acteurs externes pour leurs intérêts afin d’éviter les effets négatifs de la  déstabilisation,  mais surtout de  la mobilisation des acteurs internes favorable.

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