Incidents à Paris en marge de la manifestation contre les violences policières

Jets de projectiles, tirs de gaz lacrymogènes, manifestants sur le périphérique, barricades…: des incidents ont éclaté mardi soir en marge d’un vaste rassemblement à Paris pour dénoncer les violences policières, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Quelques incidents en marge de la manifestation interdite pour lesquels les forces de l’ordre sont en train d’intervenir », a twitté peu après 21H00 (19H00 GMT) la préfecture de police, qui avait interdit ce rassemblement qui a réuni des milliers de personnes autour du palais de justice avant leur éparpillement. Les manifestants avaient répondu à l’appel du comité de soutien à la famille d’Adama Traoré, un jeune homme noir de 24 ans mort en 2016 en région parisienne après une interpellation. Le rassemblement, qui avait débuté en fin d’après-midi sur le parvis du tribunal dans le nord-est de Paris, a été perturbé par des jets de projectile, et la police a fait usage de gaz lacrymogène.

Les manifestants se sont ensuite dispersés dans les rues alentours, et sur le boulevard périphérique qui encercle Paris. Sur l’artère surplombée par les volutes de fumée, des centaines d’entre eux ont bloqué les voitures, les laissant passer au compte-gouttes. Des affrontements sporadiques ont éclaté sur le périphérique, où des policiers ont reçu des jets de pierre et ont répliqué en tirant des LBD. Dans les rues, des barricades ont été érigées et des vélos ont été incendiés.

En début de soirée, Assa Traoré, soeur aînée d’Adama Traoré, avait lancé à la foule : « Aujourd’hui, ce n’est plus que le combat de la famille Traoré, c’est votre combat à vous tous (…). Aujourd’hui, quand on se bat pour Georges Floyd, on se bat pour Adama Traoré ». Face à la jeune femme, porte-parole du Collectif Adama, des manifestants, jeunes et de toutes origines, scandaient « Révolte » ou « Tout le monde déteste la police ».

La mort de George Floyd, un homme noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc aux Etats-Unis, a déclenché aux Etats-Unis des manifestations depuis une semaine contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales.

Mardi matin, la préfecture de police (PP) avait annoncé que la manifestation n’était pas autorisée en raison de l’état d’urgence sanitaire qui proscrit tout rassemblement public de plus de dix personnes, car elle n’avait « fait l’objet d’aucune déclaration préalable ». La PP estimait également que « la tonalité de l’appel à manifester relayé par les réseaux sociaux laissait craindre que des débordements aient lieu sur un site sensible ».

AFP

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