Déconfinement : La société est-elle prête à changer ses habitudes ?

Déconfinement : La société est-elle prête à changer ses habitudes ?

Alors que le pays s’apprête tant bien que mal à affronter une autre période de confinement qui s’étalera jusqu’au 13 juin, les indicateurs économiques s’affolent, notamment après l’adoption de la loi de finances complémentaire 2020.

Deux nouvelles qui n’ont manqué d’une part, de saper le moral des algériens, qui est accablés par les mesures de confinement, nourrissaient l’espoir de voir arriver les premières mesures de libération des activités commerciales et industrielles, synonymes de retour de salaires ou de revenus, pour des milliers de travailleurs, qui ont de grandes difficultés à joindre les deux bouts, ces derniers mois.

Une situation inextricable qui met le gouvernement devant un défi, une bataille des plus ardues de sa courte existence, dans la mesure où la double équation à résoudre, tournent autour de plusieurs axes aussi importants que délicats. En l‘occurrence, trouver l’équilibre entre les moyens à mettre dans la lutte contre le Covid-19, mettre en place les premières bases d’une relance économique hors hydrocarbures et réussir la transition constitutionnelle en cours, dans le respect des attentes du peuple.

En dépit des mesures courageuses prises par les pouvoirs, publics, en matière de reforme, tel que la révision de la règle 51/49, l’annulation de l’IRG, et la suspension de l’importation des kits pour le montage automobile, les vrais leviers économiques demeurent dans l’attente de libération, hautement exprimée par les associations des commerçants, ou par le patronat, qui tirent la sonnette d’alarme, et ne comprennent pas comment des pays dont les chiffres sont plus accablants que ceux de l’Algérie, ont déjà procédé à un début de confinement. Il y’a lieu de penser que désormais, il s’agit d’accepter le fait que la durée de vie du coronavirus, ne peut être déterminée et par conséquent, la seule alternative pour ne pas sombrer dans le chaos économique et social serait d’apprendre à vivre avec. Une option qui a du mal à connaitre un chemin serein en Algérie, et pour cause, les premières expériences d’ouverture des magasins, ont montré des répercussions catastrophiques en matière de lutte contre la propagation du virus. A ce titre la position du gouvernement est sans équivoque et conforme aux orientations du président de la république, aucune concession au détriment de la santé des citoyens, ne sera tolérée. Il appartient dans ce cas à la conscience générale de prendre le dessus sur les frustrations du moment, pour arriver à allier dé-confinement et reprises des activités.

A ce sujet, hormis quelques groupes de citoyens, qui n’arrivent pas à contenir leurs ras le bol, et pousse leurs témérité jusqu’à braver les consignes de sécurité, il y a lieu de croire, selon les réactions sur les réseaux sociaux, que les commerçants, les artisans, et les entrepreneurs, sont prêts à observer un respect sans failles pour les gestes barrières et les règles de distanciation physique, et espèrent que ce prolongement sera le dernier. Cela veut-il dire que la société est fin prête pour changer ses habitudes, pour s’acclimater à cette crise sanitaire ? car il s’agit précisément, d’inclure de nouveaux modes de consommation, de déplacement, de travail et de vie commune. Un chamboulement qui se heurtera certainement à des résistances, qu’il va falloir sacrifier à l’autel de la survie. Une prise de conscience qui ne fait pas l’unanimité au sein des experts et des spécialistes, qui se rallient à la position du ministère de la santé, qui ne jure que par la diminution des cas de contamination et des décès.

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