Le collectif d’avocats de Khaled Drareni répond aux propos du président Tebboune

The Washington Post dédie une page au journaliste Khaled Drareni

Le collectif d’avocats du journaliste Khaled Drareni, en détention provisoire depuis fin mars, ont répondu samedi aux déclarations du président de la République Abdelmadjid Tebboune lors d’une entrevue avec des responsables de médias nationaux diffusée vendredi soir.

Communiqué :

Nous, membres du collectif des avocats du journaliste Khaled Drareni apportons les précisions suivantes à l’opinion publique tout en dénonçant les sorties médiatiques répétées du pouvoir exécutif à la télévision publique au sujet des journalistes emprisonnés.

Après la sortie des magistrats du parquet général il y a trois semaines parlant, à sens unique, des journalistes emprisonnés et sans respect du droit de réponse, a succédé celle du ministre de la communication, Amar Belhimer qui a qualifié les journalistes emprisonnés de semeurs de discorde (fitna) qui menacent l’intérêt national.

Hier, est venue la sortie du chef du pouvoir exécutif et président du Conseil supérieur de la magistrature, M. Abdelmadjid Tebboune. Sa sortie médiatique est basée sur des fausses informations au sujet du dossier de notre client qui n’est pas poursuivi par le parquet du tribunal de Sidi M’hamed du chef d’accusation d’espionnage ou de toute autre accusation similaire. Aucun fait contenu dans le dossier ne confirme ces conjectures.

Ces déclarations et ces sorties médiatiques répétées portent atteinte de manière flagrante aux principes constitutionnellement reconnus de la présomption d’innocence et de la séparation des pouvoirs, elles constituent également une pression sur les juges qui sont mis sous influence. Elles portent également atteinte au secret de l’instruction;

Les déclarations de responsables assumant de hautes fonctions dans l’Etat avec qualité de ministre et de président de la république sur les affaires soumises à la justice constituent des jugements préétablis,  une immixtion autoritaire directe et une pression sur le travail des juges, pratiques interdites par l’article 147 du code pénal.

Nous appelons les femmes et les hommes d’honneur et ceux qui sont loyaux à cette nation, alors que nous sommes à la veille de la journée internationale de la liberté de la presse, le 3 mai, à élever haut leur voix et à appeler à la cessation de ces pratiques qui ne servent pas l’avenir de la presse en Algérie et nuisent à la réputation et à l’avenir de la nation.

Collectif des avocats du journaliste libre Khaled Drareni – Alger le 2 mai 2020