Coronavirus, confinement : Un mois de Ramadan des plus particuliers

Covid-19 : Le confinement partiel à domicile prolongé pour 29 wilayas

Dans l’ombre des chiffres et des statistiques et sous les effets d’un confinement inévitable, les algériens vont aborder un mois de Ramadan des plus particuliers.

Une éventualité à laquelle il fallait s’y attendre du fait que le maintien des mesures de sécurité et de prévention était tout autant prévisible. De prime à bord les pouvoirs publics rassurent sur les disponibilités des denrées alimentaires et a pris les devants pour alimenter le marché en produits de larges consommations en maintenant des prix abordables, c’est du moins ce qui ressort des déclarations du ministre du Commerce.

Or, toute la problématique, réside dans le fait que la situation de crise à plongé un grand nombre de travailleurs dans la précarité financière suite aux licenciements et réduction de salaires appliquées notamment par certaines entreprises privées pour maintenir leur activité. De ce fait, pour ce mois de Ramadan, il s’agira beaucoup plus de pouvoir d’achat qu’autre chose. Déjà affaiblie en  temps normal par les effets d’une gouvernance chaotique de l’ancien régime. Pour les smicards et de revenus faibles, la situation risque de se compliquer sérieusement, si les autorités n’interviennent pas, pour autoriser la reprise de certaines activités. Il faut dire, que chaque année, le mois sacré est étroitement lié à une saignée dans le budget des ménages, qui poussent les  citoyens à s’endetter, alors qu’en sera-t-il avec une conjoncture aussi difficile ? il y’a lieu cependant de noter que l’action de solidarité à elle seule ne peut que colmater quelques situations d’urgences, mais ne serait être une solution salvatrice et ce malgré son importance et son déploiement. Autrement dit , c’est vers l’inconnu que se dirige le pays et vraisemblablement, on découvrira les capacités des autorités à contenir cette complexité, en plein expression de la crise.

Par ailleurs, c’est un réel déchirement sociétal qui s’annonce à la veille du mois de Ramadan, dans la mesure, ou l’urgence se situe dans le combat contre l’épidémie, pour préserver la santé des citoyens et contenir la propagation du virus qui pour l’heure semble suivre la même courbe des autres pays et malgré quelques signes de recul, étayé par un nombre de décès en diminution et un nombre de guérison en hausse, il est encore trop tôt, d’avis d’experts, pour crier victoire, ou de penser a un de- confinement. D’autre part, il s’agit  également de contenir tous les problèmes qui en découlent, à savoir maintenir un train de vie décent pour les citoyens et éviter de plonger l’économie nationale, dans un point de non retour, qui ôterait toute chance de relance après  le passage de la crise.

A ce titre le fonds du problème, dans tous les cas de figure, sera la difficulté de faire respecter le confinement, du fait que durant le mois du Ramadan, les algériens ont des habitudes et coutumes qui gravitent essentiellement, sur les sorties, les visites familiales, les soirées et un engouement sur les marchés et les grandes surfaces. Une situation qui requiert, plus de conscience et d’investissement de la part des citoyens, et certainement plus d’alternatives et de solutions de la part des pouvoirs publics.

MDI Alger