Sétif : Guéri du coronavirus, Djamel Djaballah raconte son calvaire avec la maladie

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Contaminé par le nouveau coronavirus, Djamel Djaballah, un jeune homme originaire de la commune de Bir El Arch (60 km à l’Est de Sétif), a mené un combat éprouvant contre le Covid-19 et a réussi à vaincre cette maladie, renvoyant un message d’espoir à toutes les personnes infectées par ce virus en Algérie.

Pour affronter cette « dure » épreuve, cet homme de 36 ans, s’est armé de courage et a fait confiance aux soignants, médecins et paramédicaux de l’hôpital public hospitalier (EPH) Saroub El Khathir d’El Eulma (15 km à l’Est de Sétif) pour remporter la bataille contre le Covid-19, pour être un rescapé d’une épidémie qui a ébranlé le monde.
En convalescence après avoir quitté l’hôpital il y a quelques jours, Djamel souhaite, à présent, partager son âpre expérience avec le coronavirus et en parler.

« Je suis rentré de France vers la mi-mars dernier avec ma femme sur un vol de la compagnie d’Air Algérie assurant la ligne Lyon-Alger, et en arrivant à l’aéroport, on m’a soumis au contrôle de température et elle était normale », a-t-il dit.

Bien que cet examen n’a pas rien laissé transparaitre d’une possibilité d’infection par le coronavirus, Djamel et sa femme ont pris des précautions pour éviter une éventuelle  contamination aux membres de la famille. Le couple a laissé sa fille de 2 ans chez ses oncles maternels.

Une fois chez lui, Djamel Djaballah se rappelle avoir ressenti, dès la première nuit, des symptômes grippaux tels que des maux de gorge et de la toux, avant que son état ne s’aggrave, trois jours après, avec une fièvre élevée, une toux sèche et des difficultés respiratoires qui ont précipité son départ à l’hôpital, où il a été très vite soupçonné d’avoir contracté le coronavirus.

« On m’a fait un prélèvement sanguin pour le soumettre à des tests, en plus d’une mise en quarantaine au service infectieux en attendant les résultats qui devaient être transmis par l’Institut Pasteur d’Alger », relate-t-il, tout en reconnaissant que « la confirmation de sa contamination par le coronavirus n’était pas une surprise, compte tenu des symptômes ressentis ».

Pour Djamel, le plus dur c’était l’attente des résultats des analyses, surtout d’un point de vue psychologique, d’autant que le processus a nécessité 6 jours. « C’était les 6 jours les plus longs de ma vie », confie-t-il.
Toujours en quarantaine à son domicile, cet homme se rappelle également les douleurs occasionnées par la maladie, faisant état d’un « violent mal de tête et une chaleur intense semblable à celle dégagée par le corps après un exercice physique intense, des symptômes ayant disparu après cinq jours ».

Un personnel médical et paramédical aux petits soins

Dans son témoignage, Djamel n’a pas manqué de saluer le rôle primordial du personnel médical et paramédical de l’établissement public hospitalier, EPH- Saroub El Khathir dans sa guérison, grâce au traitement et aux soins qui lui ont été prodigués.
« J’ai été sensible à la prise en charge dont j’ai bénéficié à l’hôpital et impressionné par la qualité des soins, la mobilisation et la disponibilité du personnel médical et paramédical qui a veillé à l’évolution de mon état de santé en me rassurant régulièrement avec le sourire, en dépit du fait qu’ils sont confrontés quotidiennement à ce virus dangereux et féroce ».
Et d’ajouter : « tout au long des onze jours que j’ai passé à l’hôpital, médecins et paramédicaux n’ont cessé de me faire comprendre qu’ils étaient là, avec moi et que cela va passer même si par moment j’étais dans un état critique ».
Djamel a rendu un vibrant hommage aux « blouses blanches » pour les « efforts immenses déployés et pour leur professionnalisme face à cette pandémie afin de soigner et sauver les patients infectés par le coronavirus ».
Evoquant, par ailleurs, l’élan de solidarité dont il a fait l’objet sur Facebook, Djamel s’est rappelé les onze jours d’isolement et de douleur, passés seul dans sa chambre d’hôpital, avec son portable pour seul lien avec le monde extérieur pour rassurer sa famille sur son état de santé ou pour surfer sur Internet, ainsi qu’un téléviseur relayant en permanence des informations sur le Covid-19.
« Les messages de solidarité et de soutien publiés sur ma page Facebook m’ont insufflé beaucoup d’espoir et m’ont boosté le moral, me rendant plus solide pour affronter la peur et plus résistant pour vaincre la maladie ».
Au bout de dix jours d’isolement, Djamel se remémore que son état s’était nettement amélioré et assure qu’à travers la voix rassurante et confiante du médecin chef lui annonçant qu’elle allait lui faire des prélèvements pour un deuxième test à l’annexe de l’Institut Pasteur de Constantine, il était sûr qu’il était guéri.
« Le résultat négatif du deuxième test était un grand événement au service infectieux. Je pouvais quitter l’hôpital. Pour l’ensemble du personnel de cet établissement et pour moi aussi, c’était enfin le bout du tunnel », se rappelle-t-il, ému jusqu’aux larmes.
Au terme de son témoignage, Djamel Djaballah a appelé tous les citoyens, sans exception, particulièrement les jeunes, à respecter les mesures préventives nécessaires, considérées comme « le seul moyen de lutter contre le coronavirus », et à faire preuve de responsabilité envers les personnes âgées souffrant de pathologies chroniques, car très « vulnérables » et « très exposées à la maladie ».

APS

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