Dr Fawzi Derrar (DG de l’IPA) : « Le confinement reste le meilleur moyen de freiner la transmission du virus »

Le confinement reste le « meilleur moyen » de freiner la propagation du coronavirus Covid-19, a souligné le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), Dr Fawzi Derrar, estimant que l’Algérie n’a pas besoin d’un dépistage massif.
 
« Quelle que soit la stratégie de dépistage, le confinement reste le meilleur moyen de freiner la transmission du virus », a affirmé Dr Derrar dans un entretien au quotidien national Liberté. Il a précisé que le confinement à l’échelle large « est une stratégie de contrôle du virus », car « il réduit le nombre de contacts et donc le nombre de personnes contaminées par un sujet positif ».
 
Il a fait remarquer, à ce propos, que la Corée du Sud, qui a adopté cette mesure en « première intention », a réduit la courbe de l’épidémie « rapidement », tandis que les pays du sud de l’Europe, qui ont « tardé à prendre une telle décision, l’ont chèrement payé ».
 
Pour le directeur général de l’IPA, l’isolement partiel de la population est aussi « efficace », expliquant que « dans certaines zones, on ne parle même pas de circulation du virus, mais de foyers ponctuels, c’est-à-dire quelqu’un venu d’une autre wilaya ou un résident en contact avec une personne arrivée dans sa région ».
 
« La wilaya est néanmoins indemne de la circulation du coronavirus. Le confinement n’a pas vraiment sa raison d’être. Par contre, dans les villes où le virus circule, comme à Blida et à Alger, le confinement s’impose pour pouvoir rompre la chaîne de transmission », a-t-il ajouté.
 
Revenant sur la question pourquoi l’Algérie n’a pas recouru au dépistage massif, il a fait savoir que de nombreux pays n’ont pas opté pour cette mesure.
« Cela dépend, en fait, des objectifs assignés à la stratégie de lutte contre le coronavirus », a-t-il dit, ajoutant que « nous n’avons pas besoin, dans l’état actuel, d’un dépistage massif auquel on peut faire appel en fonction aussi des moyens de diagnostic et de dépistage dont nous disposons ».
 
Concernant les tests de dépistage, Dr Derrar a indiqué que l’IPA a reçu, cette semaine « jusqu’à 240 prélèvements et, à d’autres périodes, 100 échantillons. En moyenne, entre 150 et 160 tests sont réalisés par jour ».
 
Relevant qu’une « certaine stabilisation » du nombre des prélèvements est observée actuellement, il a indiqué, en outre, qu' »avec ses annexes, l’Institut Pasteur peut analyser quotidiennement jusqu’à 400 échantillons ».
L’Algérie « est à l’abri d’une grosse épidémie »
 
Sur le risque d’avoir de faux diagnostics, le spécialiste a expliqué que « le virus passe par une étape où il n’est pas détectable. Un cas négatif peut être testé positif dans une deuxième phase », en citant le cas de l’adolescente de 16 ans décédée en France.
 
A ce propos, il a mis l’accent sur le fait que le prélèvement « soit fait correctement », affirmant que l’IPA « reçoit régulièrement des échantillons aveugles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que nous analysons comme une épreuve de fiabilité. Nous avons 100% de réussite », faisant savoir que « jusqu’à présent, l’Algérie ne connaît pas une circulation intense du virus ».
Pour Dr Derrar, l’Algérie « est à l’abri d’une grosse épidémie », affirmant qu’elle « n’aurait pas le profil de circulation comme aux Etats-Unis et en Europe ».
 
« Ce que je peux dire, le pic plateau en Algérie sera inférieur à celui observé en Europe et en Amérique », a-t-il dit.
 
« Nous atteindrons un pic épidémique qui se stabilisera. Cette stabilisation durera un certain temps jusqu’à ce que le virus ne trouve plus de sujets à contaminer. La courbe redescendra progressivement », a-t-il estimé.
 
Il a ajouté, dans le même contexte, qu' »en clair, c’est tout à fait normal qu’on recense des cas confirmés chaque jour », relevant que « cela prouve que nous parvenons à les trouver. Mais avoir un jour 100 cas et le lendemain 5.000 est un scénario non envisageable », a-t-il souligné.
 
Par ailleurs, interrogé pourquoi le taux de mortalité est-t-il si élevé en Algérie, Dr Derrar a affirmé que « c’est une erreur », expliquant que « le taux de mortalité est rapporté au nombre de patients contaminés au coronavirus hospitalisés et non à tous les cas positifs »

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