Coronavirus : l’OMC s’attend à une forte chute du commerce mondial en 2020

Le commerce mondial devrait enregistrer une baisse comprise entre 13% et 32% en 2020, tandis que la pandémie de COVID 19 désorganise les activités économiques et la vie normales dans le monde, a annoncé ce mercredi 8 avril 2020 l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui s’attend à une forte chute du commerce avec une économie mondiale bouleversée par le coronavirus.

Le large éventail de possibilités liées à la baisse prévue s’explique par la nature sans précédent de cette crise sanitaire et par l’incertitude quant à son impact économique précis. Mais les économistes de l’OMC pensent que cette baisse sera probablement supérieure à la contraction du commerce causée par la crise financière mondiale de 2008-2009, a indiqué l’OMC dans un communiqué publié ce mercredi sur son site officiel.

« Cette crise est avant toute une crise sanitaire qui a contraint les gouvernements à prendre des mesures sans précédent pour protéger la vie des personnes », a déclaré le Directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo.

Il a ajouté que « la baisse inévitable du commerce et de la production aura des conséquences douloureuses pour les ménages et les entreprises, en plus des souffrances humaines causées par la maladie elle-même », soulignant que « l’objectif immédiat est de maîtriser la pandémie et d’atténuer les dommages économiques causés aux individus, aux entreprises et aux pays. Mais les responsables politiques doivent commencer à planifier l’après-pandémie ».

Plombé par les tensions commerciales et le ralentissement de la croissance économique, le commerce faiblissait déjà en 2019 avant que le virus ne commence à sévir. Cette année-là, le commerce mondial des marchandises a enregistré un léger recul de -0,1% en volume, après avoir progressé de 2,9% l’année précédente. Dans le même temps, la valeur en dollars des exportations mondiales de marchandises a baissé de 3%, à 18 890 milliards d’USD, précise l’OMC, dans le même communiqué.

Le commerce mondial des services commerciaux, en revanche, a progressé en 2019, avec une hausse de 2% des exportations en dollars, à 6 030 milliards d’USD. Le rythme d’expansion a été plus faible qu’en 2018, année durant laquelle le commerce des services avait augmenté de 9%.

Comme en 2008-2009, les gouvernements sont intervenus avec des politiques monétaires et budgétaires pour faire face au ralentissement et offrir aux entreprises et aux ménages un soutien temporaire en matière de revenu.

Mais, en raison des restrictions touchant les déplacements et de la distanciation sociale imposée pour ralentir la propagation de la maladie, l’offre de main-d’œuvre, les transports et les voyages sont aujourd’hui directement touchés d’une manière différente de ce qui était le cas lors de la crise financière.

Des secteurs entiers des économies nationales ont été fermés, comme l’hôtellerie, la restauration, le commerce de détail non essentiel, le tourisme et une part importante de l’activité manufacturière, indique l’OMC.

L’Organisation mondiale du Commerce souligne que La perturbation des chaînes de valeur posait déjà problème lorsque la COVID-19 était essentiellement limitée à la Chine. Elle reste un facteur dominant aujourd’hui que la maladie est largement répandue. Il est probable que la baisse du commerce sera plus forte dans les secteurs caractérisés par des chaînes de valeur complexes, notamment ceux de l’électronique et des produits automobiles.

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