Chiffres sur le Covid-19 : Tebboune dénonce une « attaque féroce » ciblant « des choses sensibles » en Algérie

Le président Tebboune procède à un remaniement ministériel
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a réagi mardi soir au sujet de ceux qui remettent en cause les chiffres communiqués quotidiennement par le ministère de la santé sur l’épidémie du coronavirus en Algérie.
Evoquant ceux qui remettent en doute les chiffres avancés régulièrement sur l’évolution de la situation du Covid-19 en Algérie, Tebboune a déclaré qu’il s’agit là d’une « attaque féroce » ciblant « des choses sensibles » en Algérie, notamment l’ANP, qui constitue « l’épine dorsale du pays », ajoutant que ces derniers « n’ont toujours pas digéré la protection assurée par l’institution militaire aux marches populaires et au Hirak », a-t-il dit lors d’une entrevue avec des représentants de médias nationaux diffusée par la Télévision publique.
 
Ces attaques ciblent également « les institutions de l’Etat » en tentant de donner l’image d’un « Etat totalitaire », a poursuivi le président Tebboune, soulignant « la liberté d’expression et le climat démocratique » dans le pays.
« L’Algérie avait suffisamment de capacités non encore utilisées face au COVID-19 »
Le président Tebboune a affirmé, mardi soir, que l’Algérie avait suffisamment de capacités non encore utilisées face au COVID-19, tant sur le plan matériel et financier qu’organisationnel.
 
Il a assuré que « notre pays est totalement prêt à faire face à la pandémie », soulignant que le respect des mesures préventives permettra de traverser « calmement » cette crise.
 
Rappelant que l’Algérie avait été parmi les premiers pays à prendre des mesures face à la propagation de cette pandémie et ce, avant même les pays européens », il a cité à ce propos « la fermeture des écoles, des lycées, des universités voire même les stades » en tant que mesure préventive.
« Les capacités de l’ANP n’ont pas encore été utilisées »
 
S’agissant des décisions prises, M. Tebboune a déclaré que « dès l’enregistrement du premier cas de coronavirus, introduit par un ressortissant étranger, nous avons été les premiers à effectuer des contrôles aux niveaux des aéroports et des ports et à rapatrier nos ressortissants, notamment de Wuhan (Chine), et à les placer en quarantaine ».
 
A ceux qui prétendent que l’Algérie a tardé à prendre des mesures préventives contre l’épidémie, le président de la République a estimé que ces allégations procèdent d’une « virulente attaque » contre l’Algérie, évoquant « des parties qui ne digèrent toujours pas la stabilité dont jouit notre pays ».
 
L’Algérie, a-t-il déclaré, « n’a rien à cacher » concernant cette épidémie, ajoutant que « la situation est sous contrôle, car nous disposons des moyens permettant de faire face à la pandémie, même en phase 5, d’autant que les capacités de l’Armée nationale populaire (ANP) n’ont pas encore été utilisées ».

Equipe médicale chinoise envoyée en Algérie

Pour le président Tebboune, l’élan de solidarité de la Chine envers l’Algérie à travers l’envoi d’aides médicales et de médecins permettra de bénéficier de l’expérience de ce pays qui a pu venir à bout de l’épidémie.

Concernant ce qui a été colporté au sujet de l’envoi de l’équipe médicale chinoise à l’hôpital militaire d’Aïn Naâdja, le président de la République a affirmé que l’institution militaire comptait des milliers d’experts médicaux et paramédicaux, et qu’elle ne nécessitait aucune aide médicale extérieure, soutenant que les médecins spécialistes et les infirmiers de l’institution militaire vont apporter leur soutien aux hôpitaux civils pour faire face à cette pandémie.

La Chloroquine
S’agissant de la Chloroquine, médicament produit localement, M. Tebboune a indiqué que le protocole thérapeutique à base de Chloroquine contre le nouveau coronavirus (Covid-19) avait montré son efficacité sur certains patients, rappelant que l’Algérie avait été parmi les premiers pays à utiliser ce médicament.
 
Estimant que le débat sur l’efficacité de ce médicament est un débat scientifique et non politique, le président de la République a évoqué, en citant le ministre de la Santé, des indicateurs positifs, ajoutant toutefois que le résultat final sera visible au bout de dix jours, soit à la fin du protocole. L’Algérie dispose, selon M. Tebboune, d’un stock permettant le traitement de 200.000 Algériens.
L’avenir des entreprises économiques 
En réponse à une question sur l’avenir des entreprises économiques à la lumière de la crise que traverse le pays en raison de la propagation du Covid-19 et de la chute des prix du pétrole, M. Tebboune a assuré qu’il sera toujours « aux côtés des entreprises et des artisans », ajoutant que « l’Etat mettra en place tous les moyens économiques permettant le retour des petites et moyennes entreprises (PME) sans aucune perte ».
 
Concernant la question des stocks de produits alimentaires, sujet d’actualité, le président de la République a confirmé « l’abondance de ces produits », écartant toute pénurie. La production de semoule, à titre d’exemple, a été multipliée dernièrement par trois grâce à l’augmentation à 100% des capacités de production des minoteries, a-t-il insisté.
 
Pour ce qui est du blé, M. Tebboune a annoncé des cargaisons à réceptionner par voie maritime en sus de stocks suffisants pour 4 ou 5 mois. « Nous avons des réserves de change de 60 Mds USD alors que la facture d’importation des produits alimentaires ne dépasse pas les 9 Mds USD annuellement », a-t-il assuré, ajoutant que « l’on ne peut donc parler de pénurie de produits alimentaires ».
 
L’Algérie est-elle prête à faire face aux répercussions de la baisse des prix du pétrole?
A la question de savoir à quel point l’Algérie était prête face aux répercussions de la baisse des prix de pétrole, le président de la République a estimé que le pays était prêt à relever ce défi.
 
« L’Algérie s’apprêtait, avant la chute des cours du pétrole, à la refonte de son économie », a-t-il rappelé, soulignant que cette chute « entraînerait une baisse des recettes de 30 à 40% et que ces dernières pourraient ne plus couvrir que 20% de nos besoins économiques », mais, a-t-il indiqué, « les choses sont étudiés et des textes sont en préparation pour engager des changements ».

MDI School