Coronavirus : Report de la révision de la constitution et retard dans les reformes

Le redressement de l'économie algérienne n'est pas une affaire d'argent mais de gouvernance

Apres une année de contestation populaire, plus de trois mois de nouvelle gouvernance, et d’innombrables tentatives pour trouver une sortie de crise consensuelle, voici que l’épidémie du coronavirus, vient porter le coup de grâce à la situation politique et économique du pays, avec le report obligé de la révision de la constitution, dont le texte à été remis au président, alors que sa distribution aux personnalités nationales , aux partis et aux associations, a été gelée.

Il est indéniable que la sécurité sanitaire des citoyens, prime sur toute autre considération, mais il est clair que cette crise est intervenue au moment ou le pays venait juste de sortir d’une situation d’errance politique, et d’illégitimité constitutionnelle, qui a duré prés d’une année , et qui a failli faire porter atteinte à la souveraineté nationale et durant laquelle, des acquis ont été réalisés sur le terrain de la part de tous les antagonistes de la scène politique et attendaient d’être valorisés pour servir de base pour l’émergence de la nouvelle Algérie. Bien que le spectre de la division et du doute planaient toujours sur la scène politique, et se maternalisaient par le choc entre deux visions de sorties de crise, mettant en bras de force, ceux qui ont soutenu la solution constitutionnelle et électorale et reconnaissent dans ce nouveau gouvernement une certaine volonté à acter le changement tant attendu , et ceux qui n’ont jamais adhéré a cette option et poursuivent d’exprimer leurs rejets et n’accordent aucun crédit à la nouvelle équipe gouvernementale. Entre les deux, le pouvoir en place était, avant le déclenchement de cette crise, en phase de discussions et de consultations pour arriver à instaurer un environnement politique correcte pour le lancement des reformes profondes.

 C’est précisément à ce niveau que les effets de cette crise prennent, aux yeux des observateurs toute leur importance et s’inscrivent comme un frein supplémentaire à cet agenda gouvernementale qui se débâtait pour réhabiliter le capital confiance entre le citoyen et le pouvoir. Une tache qui s’est  déjà avérée comme très ardue et semble se durcir davantage avec cette double crise, ou l’état en plus de maintenir l’ordre et mettre en place les mécanismes nécessaires pour assurer une lutte efficace contre l’épidémie du coronavirus, se trouve dans le défi de maintenir un niveau de maîtrise de la gestion des affaires du pays, en vue d’éviter une aggravation sérieuse de la situation économique et sociale dans le cas ou cette crise venait à perdurer.

En somme, les effets de ce retard sur la concrétisation des étapes juridiques et politiques pour la révision de la constitution, représentent une pénalité directe sur le lancement des reformes politiques et économiques, et ne feront qu’accentuer la crise déjà existante. Cela étant il convient de dire que le respect des mesures de confinement prises par le gouvernement, la prise de conscience de la population et la mobilisation de la société civile et la sphère des opérateurs privés dans un mouvement de solidarité, peut laisser espérer, que de telles positions et attitudes, puissent affecter la scène politique de façon à la consacrer pour l’édification des leviers réels de sortie de crise.

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