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Procès en appel de Karim Tabbou : Zoubida Assoul appelle à la radiation du magistrat

La condamnation mardi de l’opposant politique Karim Tabbou à un an de prison ferme par la chambre correctionnelle de la Cour d’Alger, lors de son procès en appel, continue de susciter l’indignation.

Dans un entretien publié le jeudi 26 mars 2020 dans les colonnes d’El Watan, la présidente du parti l’Union pour le Changement et le Progrès (UCP), Zoubida Assoul, a appelé à la radiation du magistrat qui a rendu le verdict.

« Un magistrat qui rend une décision sans procès, c’est plus qu’une faute professionnelle grave. Il devrait être radié de la magistrature. J’ai fait appel au Conseil supérieur de la magistrature », a indiqué Mme. Assoul dans le même entretien.

Elle a affirmé que « ce juge devrait être radié de la magistrature, parce qu’il a souillé l’image de la justice, en rendant une décision sans procès et sans la présence du prévenu », ajoutant que « si ce Conseil est réellement indépendant, il devrait s’auto-saisir et radier ce magistrat, qui a rendu une décision qui n’est pas exécutoire. »

Karim Tabbou a été condamné le 11 mars dernier par le tribunal de Sidi M’hamed à une année de prison dont six mois ferme, un jugement qui a fait objet d’appel, interjeté par le procureur de la République près le même tribunal.

Alors qu’il devait quitter la prison le jeudi 26 mars 2020, Karim Tabbou a été condamné par la Cour d’Alger à un an de prison ferme, lors de son procès en appel.

A ce propos, Mme. Assoul estime que « c’était une journée noire. Pour la première fois depuis l’indépendance, nous avons assisté à une décision qui a été rendue sans procès. C’est du jamais-vu ! Même pendant la période du terrorisme, nous n’avons pas connu cela. »

Selon la présidente de l’UCP, « on a assisté à un simulacre d’un président de la cour qui voulait imposer à Karim Tabbou un procès sans sa défense. Tabbou a été jugé sans procès, sans sa présence. Je considère que c’est une dérive grave de la justice. »

Pour rappel, l’ONG Amnesty International a appelé mardi dernier à l’annulation de la condamnation du coordinateur national du parti non-agréé l’Union Démocratique et Sociale (UDS), Karim Tabbou qui a fait un malaise au tribunal. Il  a été victime d’une paralysie faciale suite à un pic de tension. Le Parlement européen a également réagi hier mercredi à la condamnation de Karim Tabbou, en dénonçant  « un acharnement judiciaire incompréhensible. »

Face au tollé et à la vague de colère et d’indignation qu’a suscités cette affaire, le parquet général d’Alger s’est vu dans l’obligation de précisions sur le déroulement du procès de Karim Tabbou au niveau de la Chambre correctionnelle de la Cour d’Alger.

Dans un communiqué rendu public hier, le Parquet général a souligné que « l’arrêt confirmant le jugement prononcé à l’encontre de l’accusé a été rendu sur la base des dispositions de l’article 347, alinéa 2 du code de procédure pénale, considérant l’accusé présent s’il refuse de répondre. »

Le Parquet général explique que l’accusé « a refusé de répondre aux questions du Président de la chambre, demandant le report de son procès (…). Une demande qui n’a pas été approuvée par les magistrats de la chambre correctionnelle, l’affaire étant prête à être jugée.»

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