Coronavirus : Pénurie de semoule et de farine en dépit des stocks disponibles

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Les locaux commerciaux et les grandes surfaces d’alimentation enregistrent un manque d’approvisionnement en semoule (blé dur) et en farine (blé tendre), en raison de la grande affluence des citoyens, enregistrée ces derniers jours, sur ces deux produits, au moment où les services du ministère de l’Agriculture insistent sur la disponibilité de stocks suffisants.

A Alger où l’APS a effectué une tournée à travers les locaux commerciaux, une pénurie de ces deux denrées a été constatée au niveau des surfaces commerciales où la vente de la semoule et de la farine obéit à une commande préalable.

A cet effet, plusieurs commerçants interrogés ont imputé cette pénurie au recours massif des citoyens au stockage de ces deux produits, contre une faible offre des grossistes.

Pour Mohamed, un commerçant à Belouizded, la ruée des citoyens sur la semoule et la farine ainsi que les longues files d’attente devant les points de vente sont à l’origine de la pénurie chez les détaillants.

Pour sa part, R. Nadia, citoyenne, a déploré les comportements «irresponsables » de certains citoyens, en recourant au stockage de ces produits, d’où la pénurie.

Dans une déclaration à l’APS, le directeur de la régulation et du développement des productions agricoles (DRDPA) au ministère de l’Agriculture et du développement rural, Mohamed Kherroubi, a fait savoir que le secteur avait approvisionné les minoteries à travers tout le territoire national avec 5 qx de blés dur et tendre, durant les dix derniers jours (du 10 au 20 mars courant), pour la production de la semoule et de la farine.

Selon M. Kherroubi, le secteur a mis en place un programme spécial pour assurer l’approvisionnement du marché, afin d’éviter une éventuelle pénurie chez les détaillants.

500 minoteries, à travers le territoire national, assurent la transformation de la matière première, à savoir les blés dur et tendre en farine pour couvrir la demande du marché, a-t-il ajouté.

«Les céréales de différentes sortes sont disponibles en quantités suffisantes au niveau des stocks et acheminées vers les minoteries pour leur transformation et leur commercialisation sur les marchés», a-t-il soutenu.

Il a souligné, en outre, que le niveau de consommation a doublé, ce qui explique la pénurie enregistrée chez les détaillants.

Si les minoteries assuraient auparavant l’approvisionnement du marché en 10 tonnes de semoule et de farine en dix jours, dans une région donnée, cette même quantité est épuisée en deux jours sur le marché, a-t-il expliqué.

Il a ajouté que la forte demande sur ce produit est à l’origine de l’épuisement des stocks sur le marché de gros, et il faut un peu de temps pour leur approvisionnement par les minoteries.

A cet effet, M. Kherroubi a appelé les citoyens à rationaliser leur consommation, d’autant que les quantités achetées peuvent être avariées, si les conditions de conservation ne sont pas respectées, ce qui provoquera la déperdition de cette denrée stratégique.

Il a, par ailleurs, exhorté les citoyens à faire preuve de vigilance, lorsqu’ils sont dans une file pour acheter ce produit afin d’éviter la propagation de la pandémie.

Dans le même ordre d’idées, le secrétaire général de l’union nationale des paysans algériens, (UNPA), Dilmi Abdelatif a affirmé à l’APS que la matière première, à savoir les blés dur et tendre, «est disponible en grande quantité au niveau des silos», ajoutant que «la problématique qui se pose est liée à la consommation qui a atteint un pic, outre les dysfonctionnements enregistrés dans la distribution, à cause de la spéculation».

L’ouverture par les directions du commerce des wilayas, de plusieurs points de vente, constitue un pas positif qui a permis de briser le monopole sur ce produit, par certains privés, a estimé M. Dilmi qui a ajouté que cette mesure doit être accompagnée par d’autres mesures pour définir les quantités à distribuer pour chaque famille et l’intervalle entre un approvisionnement et un autre.

De son côté, le secrétaire général de la chambre nationale de l’agriculture, M. Mouloud Kouider a affirmé que les agriculteurs avaient déposé leurs productions en céréales notamment les blés dur et tendre à la fin août dernier et ils ont assuré des quantités importantes de ce produit stratégique. Ces quantités ont été stockées dans des silos, des coopératives de céréales et de légumes secs et dans des unités de commercialisation.

Selon M. Kouider, la conjoncture actuelle nécessite l’adaptation des opérations de distribution avec le volume de la demande qui a atteint son pic, outre la sensibilisation des citoyens à la nécessité de rationaliser la consommation de ce produit, étant donné que l’approvisionnement continue et les quantités stockées «sont plus que suffisantes pour répondre à la demande».

APS