Le pétrole Brent passe un temps sous les 30 dollars, plus bas depuis début 2016

pétrole en Irak

Les prix du pétrole plongeaient lundi, le Brent passant un temps sous la barre des 30 dollars, emportés par les perspectives d’une demande d’or noir en chute libre sous l’effet des réponses à la pandémie de nouveau coronavirus.

Vers 15H35 Gmt, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai valait 30,78 dollars à Londres, en baisse de 9,07% par rapport à la clôture de vendredi, après avoir touché vers 13H30 Gmt 29,52 dollars, un niveau bas plus vu depuis la fin du mois de janvier 2016.
A New York, le baril américain de WTI pour avril perdait 5,52%, à 29,98 dollars, toujours au-dessus de son dernier plancher atteint lundi dernier à 27,34 dollars.

Les prix du pétrole avaient bouclé vendredi leur pire semaine depuis la crise financière de 2008, perdant aux alentours de 25%. « La fermeture des entreprises et le confinement de certains pays va faire baisser la demande en pétrole encore plus que ce qui était anticipé il y a quelques semaines« , a confirmé à l’AFP Fawad Razaqzada, analyste marché. « L’offre et la demande prennent une direction opposée comme rarement vu auparavant« , avait résumé plus tôt dans la journée Bjarne Schieldrop, analyste de SEB, un phénomène qui exerce une pression très forte sur les prix des deux barils de référence.

Les cours sont en effet pris en étau entre les perspectives d’une demande mondiale ralentie par les mesures instaurées par les États pour enrayer la propagation du Covid-19 et des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) livrant une guerre des prix avec leur allié russe.

Cette lutte acharnée pour sauver ses parts de marchés a démarré quand l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, deux alliés majeurs au sein du cartel, ont annoncé leur intention d’inonder les marchés mondiaux d’or noir après le refus le 6 mars de leur allié russe de limiter davantage la production d’or noir pour soutenir les cours.

Le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) Fatih Birol et le secrétaire général de l’OPEP, Mohammed Barkindo, ont par ailleurs exprimé lundi leurs craintes d’impacts économiques et sociaux « majeurs » pour les pays producteurs de pétrole, en particulier les plus vulnérables, dans le contexte de la crise actuelle. « Si les conditions de marché actuelles persistent, leurs revenus issus du pétrole et du gaz chuteront de 50% à 85% en 2020, atteignant leur plus bas niveau en plus de 20 ans« , se sont-ils alarmés dans un rare communiqué commun.

Sur le front de la pandémie, l’explosion du nombre de cas de contaminations, particulièrement en Europe, tétanise les places financières, qui redoutent une récession économique mondiale, accentuant la pression sur les cours du brut.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé dimanche une baisse drastique et exceptionnelle de ses taux d’intérêt, ramenés dans une fourchette comprise entre 0 et 0,25%, contribuant à alimenter la panique des investisseurs.

Afp

MDI School