Le pétrole termine la semaine en hausse

Les prix du pétrole ont terminé en hausse vendredi, enregistrant au passage leur première progression hebdomadaire depuis le début de l’année en dépit des incertitudes pesant sur la demande mondiale à cause du coronavirus.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril s’est apprécié de 98 cents, ou 1,7%, pour terminer à 57,32 dollars.
A New York, le baril américain de WTI pour mars a gagné 63 cents, ou 1,2%, pour finir à 52,05 dollars. Sur la semaine, le Brent a progressé de 5,3% et le WTI de 3,4%, marquant ainsi leur première semaine dans le vert depuis celle se terminant le 3 janvier.

Les cours du brut avaient beaucoup baissé après la propagation à grande échelle du nouveau coronavirus apparu en Chine, deuxième puissance économique mondiale et premier importateur de brut. Le bilan de l’épidémie approchait vendredi les 1.400 morts en Chine, pour près de 64.000 cas de contamination.

L’Agence internationale de l’Energie (AIE) a prévenu jeudi que l’épidémie devrait faire reculer au premier trimestre la demande de pétrole dans le monde pour la première fois depuis plus de dix ans.

L’organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) avait la veille déjà fortement abaissé sa prévision de croissance de la demande mondiale de brut pour l’année. « Les révisions des principales organisations pétrolières concernant la demande alimentent l’idée que l’OPEP va décider de coupes supplémentaires dans sa production« , a relevé Martijn Rats de Morgan Stanley.

Les 13 membres de l’OPEP et dix autres puissances pétrolières, dont la Russie, sont liés depuis fin 2016 par un accord de limitation de leur production destiné à soutenir les cours du brut face à une offre abondante au sein d’un groupe baptisé OPEP+. Mais ils peinent à se mettre d’accord sur la réponse à apporter à l’épidémie.

La Russie notamment n’a toujours pas indiqué si elle soutenait les coupes supplémentaires recommandées par le comité technique de l’OPEP+. Pourtant, les opérateurs de marchés sont « optimistes » et estiment que les 23 membres de l’OPEP+ « feront le nécessaire pour réduire leur production« , a estimé Edward Moya de Oanda.

Cependant, même avec les éventuelles coupes supplémentaires de l’OPEP+ et les troubles géopolitiques qui perturbent actuellement les exportations libyennes de pétrole, « l’offre restera supérieure à la demande sur le marché mondial cette année« , prévoit M. Rats de Morgan Stanley.

Afp