Mohamed Yaddadene : « L’encadrement du dispositif est une urgence pour remettre en activité les unités de montage »

Montage automobile : Hausse de la facture des importations (1er sem.)

Dans cet entretien, l’expert en automobile, M. Yaddadene s’exprime sur plusieurs sujets d’actualité du domaine à commencer par la révision des textes réglementaires encadrant le dispositif CKD. Pour lui, l’encadrement du dispositif est une urgence afin de remettre en activité les unités de montage. Il évoque aussi le problème de la filière sous-traitance dans le domaine automobile.

Le projet de plan d’action du Gouvernement prévoit la révision des textes réglementaires encadrant le dispositif CKD afin d’augmenter le taux d’intégration dans les activités de montage et promouvoir la sous-traitance. Quel commentaire faites-vous dans ce sens?

L’encadrement du dispositif est une urgence pour remettre en activité les unités de montage. La révision des textes réglementaires devient une nécessité si on veut sauvegarder les acquis industriels et surtout sauver les milliers d’emplois des différentes activités. Ceci permettra de s’élargir à beaucoup d’autres activités qui sont en difficultés en attendant de mettre en place une stratégie industrielle à tous les secteurs d’activités. Cette révision va constituer une étape en attendant la suite d’autant plus que la situation est complexe pour beaucoup de projets qui n’ont plus de patrons. Alors la relance est une urgence car le temps joue contre la machine économique , cependant, il faut absolument qu’il y ait des choix stratégiques avec une vision à long terme.

Il s’agira aussi de mettre en place un cadre juridique cohérent de promotion de l’investissement productif, êtes-vous optimiste à ce sujet?

Il faut rester optimiste par rapport à la situation des investissements en Algérie et surtout mettre en œuvre un cadre juridique qui encourage d’avantage l’investissement industriel productif. Je suis persuadé que les industriels potentiels n’attendent que les signes positifs  du cadre juridique de la promotion des investissements et d’un bon climat des affaires où les institutions financières doivent jouer un rôle capitale.

Plus de 500 micro-entreprises activant dans la conversion de véhicules au GPL risquent la faillite en raison de l’absence d’une égalité de chances entre les entreprises et le manque de soutien. Selon-vous, pour quelles raisons en on est arrivé à cette situation?

Il faut voir du coté des choix stratégiques et de la conjoncture du marché de l’automobile. Les mesures promotionnelles et incitatives vers la cible de cette transformation sont insuffisantes. Il faut encourager d’avantage ces activités à travers une contribution à la politique de protection de l’environnement en utilisant les énergies propres et en accordant des bonus aux utilisateurs du GPL.

Comment faut-il remédier au problème des sous-traitants dans l’industrie automobile?

Il faut une révision des dispositifs réglementaires y compris celles relatives aux projets industriels. Inciter les industriels par des mesures adéquates et surtout intervenir en amont auprès des constructeurs qui peuvent entraîner des équipementiers dans l’implantation de leurs projets. Laisser le soin aux constructeurs pour la sélection des partenaires dans les projets et surtout mettre en conformité et à niveau les PME et PMI à travers la certification pour que les produits soient validés par les constructeurs. Il faut aussi, cibler les pièces et accessoires dont le lancement ne demande pas beaucoup de temps pour accompagner l’industrie automobile. D’ailleurs, c’est une problématique de trouver comment favoriser la transition vers le métier de producteur pour les opérateurs et équipementiers. C’est un axe qui va être débattu durant le prochain salon EQUIP AUTO ALGERIA qui aura lieu du 02 au 05 Mars à ALGER à la SAFEX. Tout est possible mais tout reste à faire. Il suffit qu’il y ait une stratégie adossée à une volonté pour développer le climat des affaires.

MDI Alger