En l’espace de 10 ans la dette publique africaine est passée de 38% à 56% du PIB

En l'espace de 10 ans la dette publique africaine est passée de 38% à 56% du PIB

Entre 2008 et 2018, la dette publique moyenne des pays africains est passée de 38% à 56% du produit intérieur brut (PIB) du continent. C’est ce qu’indique la Banque africaine de développement (BAD) dans ses perspectives 2020 sur l’économie africaine.

D’après l’institution, cette situation est liée au recours de plus en plus important des pays africains aux marchés obligataires internationaux pour financer leurs projets de développement. L’amélioration de la stabilité des Etats africains au cours de la dernière décennie, couplée à un renforcement du cadre macroéconomique, a permis aux pays du continent de négocier des emprunts obligataires ayant parfois jusqu’à 30 ans d’échéance. « La tendance à la hausse des ratios de la dette extérieure est en partie due à la fin du super cycle des matières premières et au ralentissement de la croissance et des recettes d’exportation, en particulier chez les producteurs de matières premières » ajoute également la BAD.

Cette annonce intervient dans un contexte mondial d’endettement massif des Etats, décrié par de nombreuses institutions financières internationales. Début 2019, le FMI annonçait par exemple que l’endettement global des économies du monde avait atteint 225% de leur PIB cumulé.

Pour les pays africains l’institution s’alarme de la hausse de la dette en raison notamment de la croissance des taux d’intérêt (4% en 2013 à 12% en 2017 en moyenne) augmentant ainsi considérablement le coût de remboursement de ces emprunts.

Si les emprunts extérieurs ont considérablement augmenté, la BAD note également une croissance des emprunts intérieurs (atteignant plus de 35 % du PIB) en raison de l’augmentation des dépenses publiques et des investissements en capital pour combler le déficit d’infrastructure. Pour l’institution, cette situation « reflète également un ralentissement progressif de l’inflation, une plus grande crédibilité monétaire et une plus grande capacité à commercialiser la dette en monnaie nationale auprès des créanciers internationaux ».

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