Elyes Fakhfakh chargé de constituer un nouveau gouvernement en Tunisie

Tunisie: un gouvernement annoncé mais son sort incertain

Trois mois et demi après les élections et dix jours après l’échec d’une première tentative de former un nouveau gouvernement, le président tunisien Kaïs Saïed a désigné, lundi 20 janvier, Elyes Fakhfakh au poste de premier ministre. Celui-ci doit constituer d’ici un mois une équipe susceptible de convaincre un Parlement morcelé. A défaut, de nouvelles élections législatives seront incontournables.

Elyes Fakhfakh, 48 ans, a été nommé ministre du tourisme fin 2011 avant de devenir en décembre 2012 ministre des finances, jusqu’en janvier 2014. Ancien employé du groupe français Total, il est rentré en Tunisie en 2006 après plusieurs années d’expatriation, et il y a dirigé le groupe automobile tunisien Cortel, devenu Caveo.

Il s’est engagé en politique après la révolution de 2011, auprès du parti social-démocrate Ettakatol, qui s’était allié à Ennahda au sein du cabinet de « la troïka », jusqu’en 2014. M. Fakhfakh a été candidat à la présidentielle en 2019 au nom d’Ettakatol, mais n’avait convaincu que 0,34 % des électeurs au premier tour. Le gouvernement sortant, dirigé par le premier ministre Youssef Chahed, en place depuis 2016, gère actuellement les affaires courantes.

Les élections générales d’octobre 2019 ont débouché sur un Parlement très fractionné. La première force parlementaire, la formation islamiste modérée Ennahda, ne contrôle que 53 des 217 sièges de l’Assemblée. Le 10 janvier, le Parlement a refusé sa confiance au gouvernement proposé par Habib Jemli, qui avait été désigné premier ministre par Ennahda en novembre.

La Tunisie a célébré le 14 janvier le neuvième anniversaire de la chute de l’ancien dictateur Zine El Abidine Ben Ali dans une atmosphère morose sur le plan économique. Le pays peine toujours à répondre aux attentes sociales de sa population alors que le plan d’aide du Fonds monétaire international entamé en 2016 s’achève en avril.

Afp

MDI Alger