Crise libyenne : les conclusions du sommet de Berlin

Très attendue de la part de la communauté internationale, la conférence tenue hier sur la crise libyenne à Belin en Allemagne, s’est limitée au renforcement de l’embargo, sur les armes, sans convaincre les protagonistes à garantir un accord durable de cessez-feu, encore loin de dialogue.

Les onze pays participants au sommet de Berlin, ont exprimé leurs souhait d’arriver «  à un cessez le feu durable » entre Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj, mais ils n’ont pas pu les convaincre d’aller loin vers une signature d’un cessez le feu.  Ils se sont mis d’accord pour renforcer l’application de l’embargo sur les armes envers ce pays,  décidé en 2011 par les Nations unies et à renoncer à toute « interférence » étrangère dans le conflit.

En effet, les deux protagonistes du conflit libyen n’étaient pas parvenus à entamer un « dialogue sérieux » lors du sommet international à Berlin. « La conférence a été très utile (…) mais il est clair qu’on n’a pas réussi pour l’instant à lancer un dialogue sérieux et stable » entre Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar, a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à la presse à l’aéroport de Berlin. Tout en reconnaissant qu’il y ‘a « un petit pas » qui est réalisé par rapport à la rencontre de l’lundi dernier à Moscou.

Commission militaire pour maintenir le cessez-le-feu

Toutefois, afin de perdurer l’accord de cessez-le-feu, entamé depuis le 12 janvier entre les deux parties libyennes, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres a appelé les deux camps rivaux à former une « Commission militaire» composée de dix officiers, cinq de chaque côté. Cette commission aura pour mission de définir sur le terrain les mécanismes de mise en oeuvre du cessez-le-feu.

Soutenir une solution politique

Lors de cette conférence, les dirigeants de pays participants ont réitéré leur soutien à « l’accord politique libyen en tant que cadre viable pour la solution politique en Libye », indique le document final de la Conférence. « Nous appelons également à la mise en place d’un Conseil de présidence opérationnel et à la formation d’un gouvernement libyen unique, unifié, inclusif et efficace approuvé par la Chambre des représentants », précise le communiqué issu de la rencontre.

Le Secrétaire général de l’ONU, a rappelé, de son côté, qu’il ne peut y avoir de solution militaire en Libye, insistant sur la prise « des mesures immédiates et décisives pour empêcher une guerre civile totale ».

Par ailleurs, les participants dans leur déclaration finale, ont «exhorté les parties libyennes à reprendre le processus politique inclusif dirigé par les Libyens sous les auspices de la MANUL (Mission d’appui des Nations unies en Libye), en s’y engageant de manière constructive, ouvrant ainsi la voie à la fin de période de transition, des élections parlementaires et présidentielles libres, équitables, inclusives et crédibles », soulignant «le rôle important des pays voisins dans le processus de stabilisation libyen ».

Les conférenciers ont, toutefois, appelé à la fin de « tous les mouvements militaires en faveur des parties au conflit, ou en soutien direct à celles-ci, sur tout le territoire de la Libye et à partir du début du processus du cessez-le-feu », indique le document.

MDI Alger