Hadj Tahar Boulenouar, président de l’ANCA: « Plus de 70% des éleveurs de volailles activent dans l’informel »

Dans cet entretien, le président de l’association des commerçants et artisans algériens (ANCA), MBoulenouar, nous explique les raisons de la colère des éleveurs de volaille qui menacent d’abandonner leurs activités si aucune mesure n’est prise pour régler leur situation. Autre sujet évoqué, celui de la signature prochainement d’une convention avec le ministère de l’habitat concernant les locaux commerciaux qui sont toujours fermés dans les nouveaux sites de l’AADL.

Algérie-Eco : vous- avez organisé hier une rencontre sur le marché de la volaille en Algérie. Peut-on connaitre le but de cette rencontre ?

MBoulenouar : D’abord il faut reconnaitre que le marché de la volaille est un secteur stratégique dans le monde et même en Algérie. Il connait ces derniers temps certains problèmes d’où l’organisation de cette rencontre qui a regroupé les acteurs du marché. Ces derniers ont saisi l’occasion pour exposer leurs soucis et faire des propositions au nouveau Gouvernement pour réguler au mieux cette activité.

Quels sont les problèmes exposés ?

D’abord il y a la sécurité des éleveurs et des consommateurs car comme vous le savez ces derniers jours  les consommateurs se méfient de la viande de poulet après ce qui est arrivé à El Djelfa où plusieurs personnes ont été intoxiquées après avoir consommé le foie de poulet. Depuis la consommation à chuté, engendrant la baisse vertigineuse des prix qui ont oscillé les 180 DA le Kilo.

Les éleveurs se disent perdant en avertissant que si cette situation continue plusieurs d’entre eux vont abandonner l’activité et il y aura d’ici deux à trois mois un risque de pénurie de la viande blanche. Ce qui pourrait affecter les consommateurs surtout durant le mois du ramadhan. Donc cette rencontre a été comme une occasion pour déclencher l’alarme à ce sujet.

Quelles sont les propositions soumises ?

Premièrement, l’objectif étant de clarifier les choses dans le secteur. Ensuite, il y a eu installation au niveau de l’ANCA d’une nouvelle commission nationale des éleveurs et des distributeurs de la viande blanche. Les éleveurs demandent aussi aux autorités concernés des mesures d’accompagnement pour soutenir les éleveurs, d’organiser la filière, d’essayer d’encadre les professionnels, et d’éradiquer l’informel sachant que plus de 70% des éleveurs activent dans l’informel.   Il faut également tracer un programme pour former les éleveurs par les chambres de l’agriculture, et encourager l’investissement dans l’aliment des volailles et encourager par la même la transformation de la viande blanche.

Je vous donne quelques chiffres sur l’activité dans le monde et en Algérie afin d’illustrer tout cela. Dans le monde on parle des estimations entre 25 et 30 milliards de poules alors qu’en Algérie il y a seulement 140 millions de poules. La production de la viande blanche a atteint dans le monde 130 millions de tonnes, alors qu’en Algérie moins de 400.000 tonnes.

Autre sujet qui fait l’actualité, celui des locaux commerciaux qui sont fermés dans la plus part des cités de l’AAD et de l’OPGI. Vous avez parlé récemment d’une convention entre le ministère de l’habitat et l’ANCA, pouvez-vous nous en dire plus ?

Effectivement ce phénomène est très inquiétant. Au moment où des centaines de locaux commerciaux sont fermés dans ces sites qui ne sont bénéfique ni pour les nouveaux locataires ni pour les commerçants, nous avons réfléchit au niveau de l’ANCA de trouver des solutions pour régler la situation. Nous sommes en train de préparer des propositions pour aider les commerçants surtout ceux de l’informel à bénéficier de ces locaux. Donc nous comptons signer une convention avec le ministère de l’habitat dans ce sens. Chose qui va diminuer le commerce informel.