En crise financière, NCA Rouiba adossée par le groupe BIH

Convocations a une assemblée générale ordinaire et a une assemblée générale extraordinaire de la société NCA-Rouiba

Dans le cadre de la recherche d’investisseurs pour l’adossement de NCA-Rouiba, cette dernière affirme que les discussions sont désormais à un stade très avancé avec le groupe BIH (Castel) acteur dans le secteur d’activité de la Société.

Selon NCA Rouiba, le projet actuellement discuté vise à sécuriser un apport de fonds propres par augmentation de capital de l’investisseur. Après avoir effectué ses diligences sur la Société, le groupe BIH a confirmé son accord de principe et les négociations sont entrées dans une phase plus technique, notamment compte tenu de la cotation de NCA-Rouiba.

L’information a été révélée lors d’un Conseil d’administration exceptionnel tenue par la société au cours duquel son Président, Slim Othmani, a fait le point sur la situation financière de la Société et la recherche d’investisseurs pour l’adossement de celle-ci.

Dans on communiqué, la Société révèle qu’elle a adopté une politique commerciale axée sur la distribution indirecte de l’ordre de 60% de son chiffre d’affaires en moyenne sur les cinq (05) derniers exercices. La distribution directe (Grande distribution, superettes, détaillants à Alger) et la distribution prestigieux (ministères, entreprises et autre organismes) représente une moyenne de 40%.

Selon la stratégie commerciale adoptée, notamment pour éviter les risques liés aux clients présentant des profils non conformes à la réglementation, NCA-Rouiba a désigné la Sarl Carthago comme principal distributeur indirect (part dans le chiffre d’affaires de 39% sur les cinq derniers exercices).

Jusqu’au mois de mai 2019, le client « Carthago » payait régulièrement notamment par traites bancaires. Cependant, la créance cumulée n’a cessé de croitre depuis 2014, jusqu’à atteindre un montant de 1,35 milliard de Dinars en juin 2019. A partir de ce mois, des incidents de paiements sérieux ont commencé à se produire, caractérisés par le retour des traites impayées.

Concernant les investissements, à partir de 2015, NCA-Rouiba s’est engagée dans un plan d’investissement très ambitieux dans le but d’offrir à ses clients une gamme de produit plus élargie en terme packaging.

Le montant total investi fut de plus de 22 millions d’euros incluant l’acquisition d’un terrain (d’une superficie de 13 000 m²) et deux lignes de production de conditionnement l’une en PET aseptique et l’autre en canettes. Les investissements ont été financés à 100% par des crédits bancaires.

L’entrée en exploitation de ces nouvelles machines n’a pas permis d’atteindre les niveaux de chiffre d’affaire escompté. Bien au contraire, le chiffre d’affaires a enregistré des baisses consécutives depuis l’année 2017 et, dès l’achèvement de la période de différé de paiement en 2016, la trésorerie a été largement impactée par le remboursement des CMT.

Face à cette situation, précise-t-on, la société a eu recours au financement bancaire à court terme afin de financier le long terme. En effet les flux de trésorerie d’exploitation ne couvrant pas le besoin nécessaire au remboursement de la dette, en principale et intérêt (EBE très faible). Un plan de baisse des charges et de réduction des créances a été initié début 2017, cependant la baisse du chiffre d’affaires ainsi que la difficulté de remonter le cash du marché de gros n’a pas permis à la Société de constituer sa trésorerie et d’améliorer sa situation financière ainsi que sa rentabilité.

Le financement de l’exploitation de NCA-Rouiba est essentiellement assuré par des concours bancaires à court terme. Ce model induit des frais financiers conséquents qui affectent la rentabilité de façon significative. Il comporte également des risques lorsque le niveau d’endettement est important, ce qui est survenu lorsque les banques ont cessé le renouvellement des lignes de crédit d’exploitation. Le tableau ci-dessus illustre la dépendance de NCA-Rouiba aux concours bancaires à court terme.

Par ailleurs, l’entrée sur le marché des jus de plusieurs concurrents, aux pratiques concurrentielles plus que douteuses, selon la société, a accentué l’incapacité de la Société à assurer une rentabilité et des cash-flows suffisants.

Ainsi, l’évolution des indicateurs financier 2014 à Novembre 2019 révèlent que les fonds propres ont enregistré une baisse significative depuis l’année 2017 suite à la perte enregistrée durant cet exercice de plus de 700 millions de dinars. Au 30 novembre 2019, les fonds propres ont atteint le niveau de 245 millions de dinars. Inversement aux fonds propres, les dettes bancaires nettes ont augmenté suite au recours aux lignes de crédit à court terme afin de financier l’exploitation.

En conclusion et selon l’analyse de la société, la mauvaise situation financière de la Société est la conséquence de plusieurs facteurs endogènes et exogènes dont principalement une structure financière déséquilibrée sur au moins les trois (03) derniers exercices.

En n’intégrant pas le poids des créances, l’entreprise se trouverait tout de même en difficulté de trésorerie suite à la régression de son chiffre d’affaires et la dégradation de l’EBE qui ne permet pas la couverture du service de la dette. Par ailleurs, d’autres éléments sont venus aggraver cette situation. Il s’agit de la stratégie de distribution qui a fait que NCA-Rouiba a pris des risques stratégiques par rapport à l’assurance de la solvabilité de son principal client, le recours à l’endettement à court terme pour le financement de l’exploitation de manière récurrente, la conjoncture économique qui a mis à jour les difficultés de recourir aux financements bancaires, et la saturation du marché par la multiplication des acteurs dans le domaine des boissons et par une concurrence accrue de plus en plus déloyale.

La continuité de l’exploitation étant menacée, l’urgence de renforcer les fonds propres de l’entreprise par l’injection d’argent frais doit être réalisée dès que possible. « Nous avons donc tel qu’annoncé dans notre précédent communiqué de presse, exploré la piste d’une augmentation de capital ainsi que celle de l’adossement de la Société à un groupe international. La réactivité du partenaire identifié, en l’occurrence BIH, a permis d’obtenir un accord de principe dont nous espérons pouvoir vous présenter les modalités définitives très prochainement », conclue NCA Rouiba.