Yousfi au juge : « J’étais ministre de l’Industrie et non juriste »

Yousfi au juge :

Le juge du tribunal de Sidi M’hamed (Alger) a procédé, ce mercredi, à l’interrogatoire des accusés poursuivis dans plusieurs affaires notamment celle du montage de véhicules, dont Youcef Yousfi, ex-ministre de l’Industrie et des mines.

Après le passage à la barre des deux ex-premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, le juge a procédé, lors de cette audience publique, à l’interrogatoire de l’ex-ministre de l’industrie et des mines Youcef Yousfi, lui posant une série de questions relatives, notamment aux raisons et motifs du choix de certains opérateurs et l’octroi d’avantages, en particulier dans l’affaire du montage de véhicules.

« Lorsque j’ai pris mes fonctions en août 2017, je n’ai rien changé au règlement intérieur que je voulais changer, mais je n’avais pas pu le faire et j’ai continué à travailler de la même manière », a déclaré Yousfi devant le juge, ajoutant qu’il n’était pas au courant de l’existence d’une commission de recours.

Interrogé par le juge sur l’exclusion par l’ex-premier ministre Ahmed Ouyahia de certains opérateurs, Yousfi a répondu que lors qu’il est arrivé à la tête du département de l’industrie il n’avait pas trouvé les dossiers du concessionnaire Abderrahmane Achaibo ou celui d’Emin Auto.

Questionné par le juge sur les conditions d’acceptations des dossiers des opérateurs dans le secteur du montage de véhicules, Yousfi a rappelé qu’il y avait 100 conditions qui devaient être remplies et une liste de ces conditions a été transmise au Premier ministre.

« J’étais ministre de l’industrie et non pas juriste pour savoir si les décisions étaient légales ou non »

Le juge : « Pourquoi il n’y avait-il que 5 dossiers qui ont été acceptés (sur 40 dossiers, NDLR) ? Après un silence, Yousfi répond : « Je ne suis pas celui qui choisissais les dossiers mais l’Agence nationale du développement de l’investissement (ANDI) (sous la supervision du Premier ministre), qui approuve les dossiers ». « J’étais ministre de l’Industrie et non pas juriste pour savoir si les décisions étaient légales ou non », a-t-il ajouté.

« Les avantages accordés par le gouvernement aux usines de montage de voitures ont été bénéfiques dans le domaine de l’automobile et l’emploi de main-d’œuvre », a-t-il dit, ajoutant que « je n’ai octroyé des avantages à des personnes mais j’ai procédé conformément aux avantages accordés par la loi ».

Yousfi a enchaîné en rappelant que dans le cahier des charges relatif au montage de véhicules, il était stipulé que la voiture montée localement était moins chère que la voiture du même type importée et ce afin de préserver le trésor public.

Le juge : Le cahier des charges n’était pas légal ? Yousfi a imputé la responsabilité à Abdeslam Bouchouareb (ancien ministre de l’industrie et des mines en fuite à l’étranger et objet d’un mandat d’arrêt international, NDLR), rappelant que lorsque il a repris les rênes du ministère de l’industrie il avait trouvé que tout n’était pas en règle. (Compte-rendu du journal arabophone El Bilad).

À l’ouverture de cette audience publique, le juge avait indiqué que « trois dossiers ont été fusionné en un », tandis que le collectif de défense avait estimé que « l’élément matériel pour le déroulement du procès n’est pas établi ».