Plus de 300 journalistes prennent publiquement fait et cause pour le Hirak

Plus de 300 journalistes prennent publiquement fait et cause pour le Hirak

Plus 300 journalistes de chaînes de télévision publiques et privées, des radios et de la presse écrite et électronique, apporteront un soutien clair et sans équivoque à la révolution du 22 février, apprend-on de source proche des médias. Ces journalistes partagent les idéaux du Hirak depuis bien longtemps mais ont été empêchés de l’exprimer par leurs activités de médiatisation, par leurs patrons qui ont fait, pour diverses raisons, allégeance au pouvoir en place.

Après la fronde des juges que le Gouvernement a réussi à circonscrire au moyen d’avantages matériels, c’est autour de la corporation des journalistes de monter au créneau, pour réclamer le droit d’exercer convenablement son métier sans censure et en toute objectivité. Depuis quelques mois en effet l’exercice du métier de journaliste est devenu périlleux, tant la surveillance exercée par les patrons de presse est étroite et souvent même brutale. La chasse aux écrits et aux images qui dérangent ou qui risquent de susciter les courroux de l’état-major militaire est en effet ouverte, depuis que ce dernier a tracé aux médias publics et à certaines télévisions privées les lignes rouges à ne pas dépasser.

Les patrons de presse se sont, à l’évidence, facilement pliés à cette injonction en brimant leurs journalistes, notamment, ceux qui traitent de là crise politique qui secoue le pays depuis le 22 février dernier. L’objectif des patrons de presse, et tout particulièrement ceux des médias lourds, consiste à occulter complètement une insurrection populaire exceptionnelle qui brille par sa mobilisation exceptionnelle et ses manifestations récurrentes qu’on ne peut cacher au peuple algérien qui, devant ce spectacle affligeant d’absence de couverture, a fini par se détourner d’eux.

Des journalistes censurés, des journalistes humiliés

Ces médias, et tout spécialement les télévisions aux ordres du pouvoir, ont effectivement sombré dans la censure bête et méchante qui les a relégués dans un monde imaginaire en total décalage avec la réalité de leur pays, à un moment aussi important de son histoire et de son devenir. Le journaliste censuré est de ce fait perçu comme un allié du pouvoir ou, au mieux, comme un professionnel qui n’a pas eu le courage de s’affranchir.

Une opinion que la corporation a évidemment très mal vécue, mais qu’elle s’est résignée à accepter tant qu’elle n’avait pas les moyens de se défendre. L’humiliation a été si mal vécue qu’il a suffit d’une initiative militante d’une poignée de journalistes, pour redonner confiance à la corporation qui a rapidement adhéré à ce manifeste qui a porté sur la place publique toutes les contraintes que les professionnels des médias subissent au quotidien à cause de l’excès de zèle de patrons qui se sont mis, par peur ou par intérêt, au service du pouvoir.

Pour ces journalistes en détresse, il était effectivement temps de réagir, ne serait-ce que pour redorer le blason terni d’une corporation malmenée par cette néfaste coalition d’intérêts et de pouvoirs. La volonté de réhabiliter les médias, notamment publics, est si forte qu’elle s’est vite traduite par une adhésion massive au manifeste qui pose leurs problèmes et préconise des solutions.

Plus de 300 journalistes en activité dans plusieurs chaînes de télévisions publiques et privées, les radios nationales et locales, ainsi que dans la presse écrite et électronique, confrères et ont ainsi signé en peu de jours, cette pétition qui synthétise toute la problématique de la corporation. Pour eux, il s’agit aujourd’hui d’embrayer sur la situation politique et sociale du pays, en prenant, autant que possible, fait et cause pour cette révolution citoyenne qui se déroule sous leurs yeux et dont l’une des revendications phares est, précisément, la liberté de la presse.

Colloque MDI